Yogi Lang - No Decoder

25/11/2010

Par Christophe Gigon

Label: Gentle Art of Music

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Derrière ce patronyme que l’on croirait  tout droit tiré d’un personnage des dessins animés Hanna-Barbera se cache en réalité le chanteur de la formation allemande RPWL avec un magnifique premier album en solo. Inattendu et produit avec une précision ahurissante, ce disque offrira aux amateurs de David Gilmour rien de moins que le Graal perdu depuis… The Divison Bell publié en 1994.

Groupe provenant d’outre-Rhin, cet ancien tribute band de Pink Floyd s’est toujours efforcé de prendre de la distance avec le dinosaure du progressif qui les a tellement influencés. On pouvait s’attendre à ce que l’échappée du leader (et producteur) de l’équipe lorgne vers d’autres horizons, plus commerciaux et accessibles. La parution cette année de No Decoder déjoue tous les pronostics. Et avec quelle classe !

Voilà un projet en solitaire bien plus audacieux que sa formation tout en acronyme. En sus d’une prise de son vraiment exceptionnelle, la liste des invités prestigieux ayant participé à cette collection de titres frôlant l’excellence suffit à faire saliver, avec Guy Pratt à la basse,  remplaçant de Roger Waters de A Momentary Lapse of Reason jusqu’à Pulse, Kalle Wallner (RPWL) à la guitare et Torsten Weber (The Doors of Perception) assurant de magnifiques soli.

Yogi Lang assure le chant avec brio, même si son timbre reste toujours (trop) similaire à celui de son idole. Le vocaliste de Lazuli, Dominique Leonetti, fait également une apparition remarquée (et remarquable) sur le superbe « Alison ». Poils au garde à vous ! Parfois le rythme s’accélère pour entrer en outre sur un terrain nettement plus « technique » (« Sensvalue ») alors que certaines ambiances laisseront croire à des chutes de studio tirées d’Animals.

Dans le genre « exercice de style », il s’agit ici d’un incontestable must qui contentera tant les exégètes musicaux que les fans les plus transis. Mais une question demeure et ne cesse de tarauder l’esprit : est-ce là un chef d’œuvre ou un incroyable leurre ? A chacun de le décider. No Decoder n’en reste pas moins un plaisir auditif de tous les instants. Et s’il s’agissait en fait du meilleur album de  RPWL ?