Goldbug - The Seven Dreams

23/11/2010

Par Fanny Layani

Label: 1K Recordings

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Le guitariste hyperactif Tim Motzer réunit au sein de Goldbug une clique de musiciens de premier ordre, pour un projet jazz-rock oscillant entre hommage aux pères et ancrage dans une modernité électronique évidente, avec pour fil conducteur un groove qui ne retombe (presque) jamais, soigneusement entretenu par le bassiste Barry Meehan et le batteur Eric Slick. 

Les quarante minutes qui constituent ce disque sont construites tout en contrastes, entre rythmiques immuables et lignes de guitares ou de claviers versatiles, leur tournant autour comme un moustique dans la nuit (« The Departure » en pose d’emblée le principe), à moins que ce ne soit l’inverse (« Unraveling »), dans une tension toujours maintenue.

Le tout est agrémenté d’une série de glitches électroniques qui plongent l’album dans une atmosphère inquiétante et froide : les premières minutes d’« Unraveling » ou de « Scratching The Third Eye » ne dépareraient pas sur la bande-son d’un film d’anticipation tirant vers le glauque, ou pour accompagner la longue agonie de R2D2, s’il prenait au Terry Gilliam de l’Armée des douze singes l’idée saugrenue de donner une suite à la fresque Star Wars.

Une ombre dont les contours épousent par moments celle de Robert Fripp plane sur le son d’ensemble, sans jamais se faire envahissante. Le fait qu’Eric Slick joue d’ordinaire avec Adrian Belew n’est d’ailleurs sans doute pas sans peser dans cet air de famille, lorsque la rythmique vire au pourpre. 

Le propos est maîtrisé, sans doute trop (« The Past Is Still Present »). Pourquoi ces excellents musiciens bien sages ne fonceraient-ils pas à bride abattue vers une terra incognita dont on entrevoit les confins lorsque le saxophone de Theo Travis intervient (« Elevation »), exploration dans laquelle on les accompagnerait bien volontiers ? The Seven Dreams est une première collaboration entre ces artistes, il est donc à espérer qu’il sera suivi d’autres disques et qu’avec le temps, l’aspect un peu guindé disparaisse au profit d’une folie qui se fait attendre, car le potentiel est là !