TAT - Testament

17/11/2010

Par Jérôme Walczak

Label: autoproduction

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Troisième album et toujours cette atmosphère étrange aux effluves de soufre, enveloppant l’auditeur dans une obscurité tranquille. TAT, avec Testament, s’échine, à nouveau, à explorer ces mondes alchimiques et ésotériques provenant tout droit de Nicolas Flamel, Lewis, Bram Stoker voire H.P. Lovecraft et des références à l’Apocalypse de Saint Jean. Il est à souligner la superbe illustration, bien que macabre, un accompagnement photographique sophistiqué, un vidéo-clip raffiné.

Le Lyonnais est de retour après le réussi Quinta Essentia et le triomphal Sperme de tous les métaux, et parvient de nouveau à éviter l’hermétisme en proposant des mélodies nettes, accessibles, rarement lourdes ou morbides. L’autre atout majeur de ce personnage si particulier, c’est qu’il entretient une tradition finalement relativement négligée de nos jours : la conception totale, l’association de la musique à un contexte, des images, une histoire et une culture qui rendent le propos à la fois attrayant et érudit.

Et pourtant… il semblerait que la source de l’alchimiste s’épuise. L’album n’est pas mauvais, mais le troisième disque signe d’ordinaire la maturité associée à de nouvelles expérimentations. Or, Testament n’est qu’une confirmation de ses travaux antérieurs, et si cette familiarité que Tat a su créer au fil de sa carrière avec son public est louable, elle ne doit pas se confondre avec la redondance.

Outre les incursions en terres ambient et electro qui, si elles s’avèrent probantes, restent encore bien trop discrètes (« La Fin des Temps »), tout comme la longue mélopée que constitue le titre « Astrophobos » dont les liens de parenté avec les univers progressifs scandinaves mériteraient davantage d’attention, le propos est désormais devenu prévisible (« La vierge qui dort » et ses rythmes médiévaux), voire carrément répétitif (« Subtiliation », déjà présent sur le précédent album et peu modifié ).

Malheureusement, on retient surtout que le soin apporté au propos et à l’enrobage culturel lisible et passionnant de l’album a nuit à la qualité musicale de l’ensemble. Une légère déception, qui ne signe pas l’arrêt de mort de cet artiste qui a su convaincre par le passé, et qui saura rebondir et rétablir cet équilibre si délicat entre la forme et le fond.