The Holiday Armadillo - Echo

12/11/2010

Par Jérôme Walczak

Label: autoproduction

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Du propre aveu de Greg Erb, l’instigateur de ce projet, Echo est un disque protéiforme. Celui-ci concrétise près de dix années de travail avec des compositions naturellement très diverses, mais qui n’avaient jamais été menées à terme, s’intégrant mal avec les autres collaborations de l’artiste. Il en résulte logiquement une compilation « fourre-tout » aux influences multiples, du rock progressif aux ambiances FM en passant par la hargne d’un Devin Townsend (« Try »).

La palette présentée ici se veut pour le moins bigarrée. Ainsi le Français propose des choix assumés mais également des hybrides plus surprenants tels que « Thank You » dont les ponts musicaux ne sont pas sans rappeler « Ocean Cloud » de Marillion, qui glisse pourtant vers la ritournelle assez sympathique à cheval entre Ben Harper et Tears For Fears, pour se terminer assez classiquement sous forme de chœurs. Ce titre, le mieux construit, est de loin le plus réussi. Son architecture structurée est en effet véritablement progressive et attire l’oreille par les moult péripéties auxquelles elle invite l’auditeur.

Séduisants, les quinze titres parviennent à capter l’intérêt et disposent d’une coloration très accessible. Greg Erb ne révolutionne rien, c’est un bon musicien et un excellent ingénieur du son qui possède un véritable sens de la mélodie, comme le prouvent la ballade interprétée en français « Visages » qu’on garde facilement en tête et qu’on chantonne, ou encore « So Close to Me », l’un des morceaux les plus influencés par Spock’s Beard, aimable progression toute primesautière et guillerette, dont le final donne envie de faire des bisous.

Une question se pose toutefois. Pourquoi ne pas avoir fondu toutes ces productions dans un véritable concept album ? C’est entendu, les pièces présentées ici sont anciennes pour la plupart, mais il n’aurait pas été inintéressant de lier cet ensemble de manière plus cohérente. À terme, c’est en effet l’hétérogénéité du propos qu’on retient, alors que les compositions prises individuellement sont d’honorables réussites (« Prints in the Snow » dont les sonorités raffinées rappellent The Divine Comedy). La réponse viendra-t-elle un jour ? On l’espère franchement !