Midnight Juggernauts - The Crystal Axis

01/11/2010

Par Aleksandr Lézy

Label: Siberia

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C’est un phénomène planétaire : la musique rock (s’)électronise aux quatre coins du monde. Le viseur pointe cette fois l’Australie, territoire sur lequel le concept commence à germer abondamment et où les groupes poussent comme figues au soleil. C’est en 2007 que cette formation propose un premier effort baptisé Dystopia, une contre-utopie de bonne facture ayant reçu un accueil digne de la visite d’une congrégation du troisième type.

Midnight Juggernauts foule à nouveau les terres galactiques après trois ans d’absence pour nous conter fleurette, à bord de cette soucoupe volante digne des grands films de science-fiction et ancrée dans une ère musicale inédite. Avec ce second album, la bande de Andrew Szekeres signe en effet une œuvre belle et généreuse qui rappelle en de nombreux points les grandes heures d’un rock progressif dépassé depuis quelque temps par le troisième millénaire.

L’electro pop des Australiens rafraîchit les esgourdes saturées de mauvais produits souvent bien trop commerciaux et vides de sens. The Crystal Axis allie un sens aigu du refrain accrocheur et des arrangements épurés et spatiaux, notamment grâce à l’utilisation de nombreux synthétiseurs, dans lesquels des guitares présentes, douces et discrètes se taillent une belle part.

La voix de Vincent Vendetta rappelle le timbre profond de Roger Waters et ce ne sont pas « The Great Beyond » ou encore « Dynasty » dans lequel résonne le mot « shine » qui viendront contredire cette impression. L’univers de Midnight Juggernauts catapulte ainsi l’auditeur dans des confins intersidéraux, dès la courte introduction « Induco », et confère à sa musique une aura positive et zen.

Si Dystopia faisait office de premier pas sur la Lune avec des sons kitchs et fondamentalement axés grand public, The Crystal Axis impose un réel charisme, avec intelligence et simplicité. Et si Jagannâtha en sanscrit signifie « une force qui détruit tout sur son passage », les trois cosmonautes ont la délicatesse de marcher à pas feutrés sur le cristal d’une salle blanche rappelant 2001, l’Odyssée de l’espace.

Il aura suffi d’un album à Midnight Juggernauts pour changer la donne et passer d’un groupe de musique electro dansant et tendance à celui de créateur d’émotion au sein de structures pourtant pop qui bien souvent deviennent réductrices à la prolifération d’idées. The Crystal Axis pétille tel une coupe de champagne et perpétue la tradition du progressif à l’intérieur d’une nouvelle coquille, certes moins élaborée, mais avec ses propres codes et son souhait d’ouverture : un halo de lumière au seuil de la porte.