Steve Lukather - All's Well That Ends Well

18/10/2010

Par Christophe Gigon

Label: Mascot Records

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Depuis la dissolution de Toto, le fan agacé ne sait plus vraiment où donner du porte-monnaie. Alors que le chanteur Bobby Kimball rejoint d’anciens membres de Yes pour former Yoso, le guitariste continue sa carrière en solo déjà bien amorcée. Comme la somme des parties vaut toujours moins que l’alchimie d’un vrai groupe, force est de constater que rien de bien excitant n’aura survécu au magnifique chant du cygne que fut Falling in Between publié en 2006.

Les disques de Luke, s’ils ont souvent satisfait les amateurs de guitare virtuose, n’ont jamais véritablement convaincu la frange la plus mainstream des aficionados de Toto. Preuve en est la relative confidentialité dans laquelle le Californien, pourtant toujours incroyablement bien accompagné, s’ébroue quand il est orphelin de ses compagnons de tubes (« Rosanna », « Hold the Line » et autres « Don’t Chain My Heart »).

All’s Well That Ends Well, sa sixième mouture en solitaire, ressemble comme deux soli de Yngwie J. Malmsteen aux cinq précédents : une guitare bluffante, une agréable voix, des pincées de jazz-rock, quelques riffs piqués à Jimi Hendrix, le tout mâtiné de cette production bien propre « à l’américaine ».

Ni moins bon, ni meilleur que par le passé, cet album hautement balisé apparaît ici pourtant moins puissant que Candyman (1994) ou Luke (1997), indétrônables figures de proue sur le podium des connaisseurs, bref, une cuvée moyenne à l’instar de Ever Changing Times sorti il y a deux ans. Qui a dit que les meilleurs musiciens ne figurent que rarement parmi les meilleurs songwriters ?