Aeon Zen - The Face of the Unknown

12/10/2010

Par Jean-Philippe Haas

Label: Time Divide Records Ltd.

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Un an et demi à peine après la sortie de A Mind’s Portrait, Richard Hinks sort son successeur de sa besace. Il délègue à nouveau le chant à quelques pointures comme Nick D’Virgilio (Spock’s Beard), Michael Eriksen (Circus Maximus) et Jem Godfrey (Frost*), entre autres, mais à l’instar du dernier Star One, il ne suffit pas d’engager des voix réputées pour produire un bon disque.

L’inspiration du Britannique se limite encore une fois à un recyclage des codes du metal et du rock progressif des années quatre-vingt-dix. Et comme la concision n’est pas le point fort de ce nouvel album, les compositions tournent souvent autour du pot sans savoir vraiment où elles veulent en venir, avec pour résultat de retenir davantage les trop nombreux changements et l’étalage de technique qu’un refrain ou une mélodie marquante.

Très verbeuse et peu inspirée également, la batterie, mixée très en avant, pollue l’espace sonore par une production datée, digne de celle de Mike Portnoy sur Images & Words (1992). Les différents vocalistes font pourtant de leur mieux pour limiter les dégâts et parviennent même à insuffler parfois une âme à des titres convenus, à l’image de Nick D’Virgilio sur « Crystal Skies ».

On mettra les imperfections de The Face of the Unknown sur le compte de la jeunesse et du manque de maturité musicale du maître à penser. Une fois de plus, l’axiome se vérifie : à toujours tout vouloir faire soi-même, on perd en ouverture et en recul nécessaires. La musique de Richard Hinks souffre d’un mal très répandu en terres progressives : l’absence totale de personnalité.