Abash - Madri senza Terra

07/10/2010

Par Fanny Layani

Label: Immagnifica

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Pour cette formation originaire de la région des Pouilles, au metal progressif  « à la transalpine » (avec ces sons de claviers qui rappellent Eldritch), il n’y a qu’un pas du sud de l’Italie au Maghreb. Abash cherche ainsi à se démarquer de ses nombreux compatriotes en ajoutant à sa musique des rythmiques et des gammes orientales intelligemment mêlées à mélodies qui frisent parfois le cliché.

Marquée par de surprenants accents de variété italienne (« Niuru Te Core », « Madri », « Canto alle nuvole »), la voix d’Anna Rita Luceri, parfois accompagnée par le guitariste Maurilio Gigante, qui prend lui-même les devants sur « La Corsa di Assan », peine à convaincre. D’une naïveté déconcertante, les textes en italien sont heureusement interprétés dans un dialecte qui permet de ne pas tout comprendre ; car en s’attaquant à la traduction des paroles, l’affaire se corse…

Le groupe tend également vers une certaine érudition afin de légitimer son propos. L’un des morceaux relate par exemple la bataille d’Otrante de 1480, durant laquelle les armées ottomanes écrasèrent celles d’Aragon, tandis que « Maràn Athà » est chanté en… araméen. Cette volonté d’innovation, ou de métissage culturel, se heurte à un certain manque de caractère sur les parties les plus métalliques, notamment des breaks « à la Dream Theater », période Scenes From a Memory, qui sont légions.

Avec Madri senza Terra, Abash affiche une ambition louable et une personnalité étrange, touchante, voire attachante, mais la réalisation pêche par surdose d’ingénuité et les inspirations sont malheureusement bien trop perceptibles. Du coup, le disque traîne en longueur et l’attention décroît. Il ne reste plus qu’à espérer qu’à l’avenir les Italiens soient capables de s’affirmer davantage.