Psicotropia - 3

30/09/2010

Par Fanny Layani

Label: Luna Negra

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Troisième essai pour le trio madrilène après deux disques qui affirmaient déjà une personnalité identifiable, à défaut d’être foncièrement originale. Pour aborder ce nouveau rejeton, il faut parvenir à passer l’obstacle du chant monocorde et peu assuré (à la limite du faux sur « Space Habanera », « Patos » ou « Los Espectros de Kronstadt »), entièrement en espagnol, ce qui ne facilite guère la compréhension des textes malgré un agréable cachet exotique qui évite également l’affreux accent anglais défigurant trop souvent les groupes du sud de l’Europe. Plus gênante est la production. Qu’elle soit volontairement sale pour coller à un esprit roots ne poserait aucun problème si elle ne sonnait pas terriblement amateur, noyant la batterie, reléguant la basse dans les bas-fonds et semant la confusion par des guitares saturées brouillonnes. Heureusement, l’album recèle certains passages instrumentaux intéressants, qui vont jusqu’à titiller par moments les confins du jazz-rock, domaine dans lequel le groupe devient enfin réellement intéressant. Au fil de titres d’une durée moyenne de six minutes, plutôt bien construits dans l’ensemble, Psicotropia fait l’effort de varier les timbres, en ajoutant par moments au trio originel guitare / basse / batterie la présence de deux claviers (dont Carlos Plaza, leur collègue de Kotebel), une basse jouée au slap évoquant Primus et surtout, d’authentiques cordes sur « Tinta », « Patos » et « Oigo Silencio » ainsi que de jolies harmonies vocales (« Oigo Silencio » toujours) qui rendent d’autant plus incompréhensibles les faiblesses du chant déjà évoquées. En outre, certains choix artistiques restent surprenants, notamment ce court solo de guitare étrangement maladroit et hors-sujet sur « Patos ». Dommage que les réserves à émettre soient les mêmes qu’il y a sept ans pour le premier album du groupe !