The Psychedelic Ensemble - The Art of Madness

11/09/2010

Par Florent Simon

Label: Musea Parallèle

Site:

À quel point la notoriété d’un musicien influence-t-elle son succès ? Ce disque est une curiosité, étant donnée sa parution anecdotique en 2008, ne laissant connaître de son auteur que sa collaboration avec certains grands noms du progressif depuis les années soixante-dix. Dans sa mission de promouvoir les artistes qui auraient raté le coche, Musea a donc décidé de donner une seconde chance à cette œuvre conceptuelle constituée de onze plages contiguës.

Comme son nom l’indique, l’album entend explorer les différents traits de la folie. Ces « tableaux » relatent tour à tour la panique, la fantaisie, le désespoir, le rêve, la désillusion, etc., et ce, depuis le début du voyage amorcé par l’effet de l’ecstasy, jusqu’à son terme où s’opère la révélation que la pathologie du personnage sert finalement son art et doit régner. Quelqu’un (l’auteur ?) déclare en outre que la production et la création artistiques sont une maladie mentale.

Musicalement, l’ambiance progressive oscille entre le planant, l’acoustique et le rock de chambre, évoquant Pink Floyd, Pulsar ou ELP. C’est l’influence du mythique Dark Side of the Moon qui reste la plus prégnante. Les voix sont bien traitées et les passages en acoustique possèdent un rendu dense et chaleureux. En revanche, certains sons (batterie, claviers), par leur aspect synthétique, trahissent une réalisation numérique moderne.

Entre le bon « Prologue/Ecstasy » et le moins bon « Moon Mad », parsemé de quelques morceaux bruitistes censés illustrer un abîme mental plus dispensables, l’album s’avère être une jolie réussite, d’autant plus que ce travail en solitaire reste bluffant. Fort de ses récompenses glanées en 2009 et sa distribution chez Musea, cet artiste anonyme est fort attendu pour sa nouvelle épopée musicale fraîchement sortie, The Myth of Dying.