Abarax - Blue Room

27/08/2010

Par Jérôme Walczak

Label: Cyclops

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Étrange affaire que ce second album d’Abarax. En 2005, les Allemands avaient publié un album d’assez moyenne tenue, Crying of the Whales, dont la structure, la mélodie et les atmosphères replongeaient l’auditeur dans le droit fil des années soixante-dix. Les influences de Pink Floyd s’identifiaient assez facilement, notamment dans le titre « Crying of the Whales part 1 » aux allures grossières de « Shine On You Crazy Diamond ». Un premier disque qui n’est pas resté dans les annales : mal produit, au son fouillis et parfois grésillant, il n’était servi ni par la richesse de ses mélodies, ni par la voix de son chanteur Andre Bläute. Curieusement, la critique d’alors avait globalement salué l’œuvre, sans hésiter longtemps avant de comparer Abarax avec le groupe de David Gilmour et Roger Waters…

De vrais efforts techniques ont été apportés à Blue Room. Bien qu’elle épuise sa source d’inspiration majeure jusqu’au tarissement, cette seconde et honnête production de néo paraît plus cohérente et mélodique, quoique mâtinée de relents davantage « germaniques », avec des guitares carnassières qui virevoltent un peu n’importe comment il faut bien le dire, souvent là où on ne les attend pas. Ce joyeux bazar n’en demeure pas moins assez jouissif. Abarax s’essaie à un curieux exercice de style, faire du Floyd au son de la Panzer Division. Tout y passe : emphases aux claviers, voix mélancoliques et plaintives éminemment romantiques, rehaussées par une guitare féroce aussi subtile qu’une invasion américaine en Irak…

Curieusement, ce disque éreinté par la critique mérite largement plus de compliments que son prédécesseur : l’on a affaire à une production néo-classique, finalement assez arrangée, toujours simple, voire simpliste, mais que le traitement qu’on qualifiera de « germanique » rend éminemment sympathique.