Demians - Mute

28/06/2010

Par Jérôme Walczak

Label: InsideOut Music

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Le temps de l’introspection dépasse (enfin) la boursouflure médiatique et technologique, comme si, en ces temps de bling bling et d’ostentation, la nécessité de se recentrer consiste à présenter au public autre chose que des éreintements poussifs et nombrilistes. Nicolas Chapel, l’âme de Demians, prouve que la tendance décrite ici n’est pas une simple vue de l’esprit. Ce second album se démarque du précédent. L’auditeur prend donc le risque d’être un tantinet désarçonné.

Alors que Building an Empire avait charmé il y a deux ans avec une redoutable efficacité, ses titres simples, accessibles, vifs et alertes qui empruntaient une route déjà parfaitement balisée notamment par Porcupine Tree, Mute débarque et change radicalement la donne. « Swing of the Airwaves » et ses riffs aux sonorités très américaines serait sans doute l’ultime témoignage des époques antérieures. Il sera bien le seul, tant les instants plus feutrés, plus poétiques sont légion.

A retenir tout particulièrement « Porcelain » et ses moments très intimes composés au piano, à la teinte electro, une douce ballade somme toute assez simple dans sa construction, mais qui évolue très progressivement vers une fable épique qui ne déparerait pas chez Anathema, ou encore « Hesitation Waltz », un titre suscitant respect et un réel enthousiasme par cet aspect hypnotique, clos par un mur de batterie et guitare qui a tout pour devenir un classique du genre.

Plus hétérogène que son successeur dans ses ambiances, dans les différentes facettes qu’il propose, ce travail marqué par ces changements de structures pourrait sans doute en étonner plus d’un. Plus fort, c’est la sensualité mâtinée d’authenticité qui émane de ce disque. Nicolas Chapel assène un gigantesque « Et maintenant, vous la fermez ! » à la cacophonie ambiante. Il serait fort dommage de passer à côté de ce moment rare.