Kim's Over Silence - Carpe Diem

16/06/2010

Par Christophe Manhès

Label: Brennus Music

Site:

Les shredders n’ont pas fait que du mal. Il est bon de se souvenir que durant les années quatre-vingts a régné une longue période de médiocrité musicale, conséquence d’un formatage intensif pratiqué depuis une décennie. Dans ce contexte de disette, quelques guitaristes ont ouvert une voie qui connaîtra un succès certain : le metal progressif. Et ce bien avant que Dream Theater n’en formalise définitivement les contours avec réussite. Les Joey Tafolla, Vinnie Moore et autres canassons de l’écurie Shrapnel Records ont introduit des ingrédients indubitablement progressifs (Out of the Sun pour le premier et Mind’s Eye pour le second), se faisant enfin un peu conquérants — pour ne pas dire arrogants — alors que le metal tournait en rond depuis des lustres. Une graine venait d’être plantée. Ses germes modifieront radicalement le paysage du metal.

Tout ceci pour dire que le shred avait du sens lorsqu’il était pratiqué à cette période ! Mais que des hibernatus jouent encore selon cette vielle recette, sans rien lui avoir ajouté depuis, reste bien problématique. C’est le cas de Kim’s Over Silence, mené par le compositeur et guitariste français Olivier Gueho. Le musicien utiliserait une touche heavy jazzy originale ? Apparemment. Instrumental Variations de David Chastain sorti plus de vingt ans plus tôt, en 1987 précisément, usait déjà de cette particularité, et de manière bien plus stylée. Rien ne sert d’en faire davantage, Carpe Diem ressemble a une resucée immature de « shred progressif », à laquelle le chant sur certains titres n’apporte rien. Avec un mixage approximatif, un manque de feeling gênant dans les arrangements et des sons de claviers pas vraiment up-to-date, voilà le tableau fidèle d’un l’album agaçant et anachronique. Il reste à souhaiter à Olivier Gueho de puiser à l’avenir de meilleures sources d’inspiration pour faire valoir ses compétences de musicien pourtant affirmé.