Unitopia - Artificial

16/06/2010

Par Christophe Gigon

Label: InsideOut Music

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L’Australie a déjà donné une belle obole au monde progressif avec Aragon, fantastique groupe des années quatre-vingt-dix, auteur de l’indétrônable Don’t Bring the Rain en 1990 et de l’album concept Mouse en 1995. Depuis que la troupe de Les Dougan fait profil bas, le pays des kangourous ne sautille plus vraiment ! Unitopia a donc décidé de prendre la relève dès le mitan des années deux mille, et a déjà trois disques à son actif. Si The Garden, double offrande gargantuesque parue en 2008 avait déjà fait dresser les oreilles des connaisseurs, force est de reconnaître que cet Artificial confirme tout le bien que beaucoup pensaient déjà du septuor. Parmi les atouts de l’orchestre des antipodes : un chanteur au timbre bien identifiable (rappelant parfois Blaze Bailey), un saxophoniste mélodique et fougueux (rien à voir avec Supertramp, vous pouvez ranger votre thermos de café !) et une production chromée et rutilante aux sons de claviers travaillés, le tout au service de compositions remarquablement construites. La formule pourrait sembler convenue car l’ensemble ne se départit pas entièrement de certains tics bien connus (les intonations « à la Fish ») ou autres T.O.C. récurrents (les envolées de claviers qui montent au ciel en moins de temps qu’il n’en faut à Rick Wakeman pour rejouer The Six Wives of Henry VIII). Et il est tout de même amusant de constater que, s’il fallait à tout prix comparer ce débutant à un ténor du genre, Aragon apparaîtrait sur toutes les lèvres ! Le charme austral sans doute…