AstroVoyager - Symphotronic Lunation

14/06/2010

Par Jérôme Walczak

Label: Dreaming

Site:

Philippe Fagnoni est un artiste aux talents multiples qui invite les auditeurs à s’aventurer dans l’hyper-espace, les quasars et autres nébuleuses lointaines. L’astronomie a toujours été un sujet de prédilection pour les artistes prog, certainement depuis Pink Floyd et « Astronomy Domine », en passant par Islands de King Crimson, les errements d’Arjen Lucassen avec Ayreon, voire divers projets plus confidentiels comme ceux de Vinc 2, également produit par Musea.

C’est dire si le sujet a été parfaitement balisé et s’y hasarder peut amener les oreilles sévères à être plus intransigeantes qu’à l’accoutumée. Le Français agit assez finement et enrobe ses instrumentaux finalement assez classiques, relativement proches de Mike Olfield et de Vangelis, d’instruments plus physiques qui confèrent un peu d’intérêt à l’album présenté. Considérons par exemple le titre « Earthshine », très baroque : un  mélange d’électronique assez brutal et de mélodies au violon plutôt grandiloquentes qui se dégustent sans grandes difficultés. « Lux perpetua » est un autre exemple de ce cocktail assez sympathique de musique classique et électronique qui confère une délicieuse emphase à ce morceau (tout y est : le choeur à la Verdi, les cloches, les violons, et le synthétiseur…) : un must !

La voix de Patricia Foust ajoute aux harmonies très datées années quatre-vingts une pointe d’influence ambient que ne renierait pas l’injustement oublié Robert Miles ; ainsi la première partie d’« Outroïtus and Full Moon Rendez Vous » n’est pas sans accointances avec le tube « Fable » sur lequel se trémoussait l’intelligentsia gay dans les années quatre-vingt-dix au Palace. Fagnoni n’hésite pas à proposer des climats musicaux parfois un tantinet vilipendés par un certain type de mélomanes, il accommode son art d’un court-métrage assez spectaculaire mis en scène par Eric Parisi. Cette audace doit être saluée. Il est étrange que l’artiste ait choisi le label Musea pour diffuser une musique qui aurait plus sa place sur la scène electro que celle du prog, mais il est vrai que les liens sont ténus entre les deux, et la construction de telles passerelles entre les styles se doit d’être remarquée.

La musique présentée ici n’est donc pas fondamentalement innovante, et les influences variables auxquelles il a été fait référence (Jarre, Era, Vangelis, Eric Serra, Mike Olfield…) sont parfaitement digérées. L’écoute n’en demeure pas moins fort agréable et peut tout à fait contenter l’amateur de dance-floors noctambule, très efficace aussi en after !