Stolen Memories - The Strange Order

07/06/2010

Par Nicolas Soulat

Label: autoproduction

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Alors que le metal progressif se forge un nouveau nom (« Djent ») outre-Atlantique, avec comme leitmotiv la réconciliation de la plume et de l’épée, de l’esprit et de la matière, de l’organique avec l’inorganique, il ne reste guère de solution pour essayer d’innover sans avoir à répéter sans cesse les mêmes choses. Évidemment, statuer sur la pertinence d’emprunter telle ou telle voie n’est sans doute pas très malin. Il faut alors admettre que Stolen Memories s’engage dans un vrai cul-de-sac. Très proche d’une scène prolifique en son temps, ayant su faire fructifier jusqu’à la dernière graine l’héritage laissé par Images and Words de Dream Theater ou The Divine Wings of Tragedy de Symphony X, The Strange Order aurait pu convaincre dans les années quatre-vingt-dix. Mais aujourd’hui tout le monde est déjà parti avec le gros du trésor et il ne reste plus grand chose sur l’île pour celui qui désire se faire une place et survivre sur des côtes déjà souillées par Superior et autres Eldritch. Le style a muté et il est soit trop tôt, soit trop tard pour user de gadgets syncopés et autres roulés-boulés harmoniques maladroits, surtout lorsqu’ils sont accompagnés de claviers plutôt stéréotypés (eh oui, déjà…). Malgré la justesse du chant qui pourrait être consolidée et une production à refondre, les qualités des musiciens étant tout de même très professionnelles et démontrant une intelligence évidente dans l’approche de l’instrument,  il y a fort à parier que ces Français ne traîneront pas leurs guêtres trop longtemps dans ces contrées désertes et recalibreront leur ambitions vers des territoires où tout n’a pas encore été dit.