Umphrey's McGee - Mantis

02/06/2010

Par Christophe Gigon

Label: SCI Fidelity Records

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Ceux qui sortent leur Alka Selzer quand ils entendent le terme jam rock devraient se jeter illico sur le dernier album de la formation américaine, peu encline à la médiocrité musicale. En effet, nulle scorie n’est à signaler dans la discographie fournie de ces gentlemen farmers de la haute voltige. En fait, ce Mantis décoiffant  risque bien de mettre à terre un grand nombre de mélomanes pas encore avertis.

Imaginez un gigantesque shaker dans lequel vous auriez jeté pêle-mêle du Spock’s Beard, du Rush, du XTC, du Steely Dan, du Beach Boys et même un zeste de Jacques Higelin (le titre d’ouverture ressemble à s’y méprendre à certains titres de l’autre fou chantant français). Si vous êtes allergiques aux divagations parfois pénibles du Grateful Dead ou du Allman Brothers Band, nul doute que vous serez conquis par cet album parfaitement structuré, à la production limpide et à l’allégresse primesautière bienvenue.

Passé le titre d’ouverture, court, carré et entraînant, place à l’epic de l’album, le convaincant « Mantis » : une pièce de choix pas si éloignée des travaux récents de Spock’s Beard ou d’un Dream Theater qui se serait enfin remis à écrire et non plus seulement à produire. Et la qualité sera présente, piste après piste, passant de plages planantes à souhait (« Cemetery Walk ») à de petites perles « folk and pop » que ne renierait pas le Dave Matthews Band comme « Turn & Run », en passant par des compositions labyrinthiques « à la Yes » (« 1348 »).

S’il est vrai que la production « à la Toto » de cette dizaine de titres tous plus percutants les uns que les autres pourra rebuter une certaine frange du public, nul doute que les attentes des mélomanes les plus exigeants seront comblées. Tout reste toujours parfaitement construit et réfléchi. Les compositions semblent évidentes, accessibles même si le niveau technique d’ensemble apparaît comme incroyablement élevé. Pas de longues improvisations complaisantes ni de soli bluesy interminables ne sont à déplorer. De la bonne came comme dirait mon disquaire. Et parfaitement digeste !