Appaloosa - Savana

20/05/2010

Par Christophe Manhès

Label: Urtovox

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Il faudra bien faire tourner l’album un certain nombre de fois pour saisir de quoi il en retourne avec les Italiens d’Appaloosa. Les impressions, désagréables, s’empilent dans le crâne au gré d’un brassage d’univers musicaux aussi scabreux que jamais clairement définis. Ce n’est qu’au bout d’un moment que le quatuor laisse enfin percevoir ses ascendants néo-psychédéliques, mais comme asphyxiés derrière un bric-à-brac aussi disparate que le stoner, la danse, le disco, le punk ou même le math-rock. Malheureusement pour les oreilles pourtant avides d’expériences, de cette foire sans queue ni tête ne naît aucun style. Pire, il ne ressort aucun plaisir d’écoute. Trop terre à terre pour être réellement psyché, pas assez novateur et radical pour concourir dans la cour des champions de l’avant-garde, dans laquelle évolue notamment leur camarade italien Zu, Appaloosa est à côté de la plaque. Même l’usage viril d’une basse au gros son sale ne sauve pas cet ensemble plus freak que in. Enfin, au-delà de ce défaut de style, le plus gênant, c’est cette incapacité à apporter une quelconque envergure à des titres bien trop ramassés et qui n’ont jamais l’occasion de donner le meilleur d’eux-mêmes. Quand le groupe s’emballe, comme sur « Civilizare », c’est pour castrer illico son audace et nous laisser sur une frustration désagréable. En somme, Appaloosa produit une musique terriblement plate, mal dégrossie et esthétiquement moche. Flanqués d’une pochette désastreuse à l’humour douteux, ces musiciens n’ont vraiment rien fait pour se rendre attachants.