Polar Bear - Peepers

23/04/2010

Par Mathieu Carré

Label: The Leaf Label

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Précédant la grande déferlante verte des noms de groupes avec des poils dedans (Animal Collective, Grizzly Bear), Sebastian Rochford (Acoustic Ladyland, Bojan Z) et sa formation de post-jazz Polar Bear livrent déjà avec Peepers leur quatrième album. Grand tambourineur et dynamiteur devant l’éternel, le batteur dont la coiffure ridiculise à la fois Tahiti-Bob, Julien Lourau et Carlos Valderrama, a rassemblé une équipe de haut-vol aux capacités d’adaptation quasi-illimitées.

Grâce à une conception moins bestiale du rythme, et même si de grandes envolées persistent, le leader a réussi à éclipser tout ce qui se révélait accessoire pour ne garder sur certaines des compositions que l’essence de son art : une pulsation térébreuse souvent empreinte de mélancolie (« The Love Didn’t Go Anywhere », « A New Morning Will Come »). Une fois l’album découvert dans sa globalité, ce sont ces moments plus calmes, mais étonnamment intenses qui impressionnent le plus.

Les lentes mélodies de saxophones se révèlent délicieuses, mises en avant avec tact et douceur. Moderne et sensuel, Polar Bear rappelle parfois la musique crépusculaire de Limousine, trio français flirtant également avec les frontières des styles, et se permet même de réinventer l’appel à la prière dans un profond « Finding Our Feet ». Autant de compositions limpides qui incitent à espérer fortement que cet ours polaire ne sera pas en voie de disparition avant longtemps.