Lelio Padovani - Electronic EP

14/04/2010

Par Jérôme Walczak

Label: Autoproduction

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Originaire de Parme, ce guitariste italien a graduellement appris à maîtriser la basse et la batterie pour proposer en 2002 l’album instrumental intitulé Unknown Evolution, qui aurait apparemment laissé de bonnes impressions de l’autre côté des Alpes. Il a été suivi par un autre disque notable en 2007 baptisé Chasing the Muse au jazz rock instrumental, souvent répétitif, aux effets de basse et de batterie marqués, accompagnés d’émanations virevoltantes à la guitare assorties d’un fond aux claviers pour le moins discutable. Avec ce nouvel album qui semble être du même acabit, et malgré un dossier de presse pour le moins dithyrambique, ce qui s’annonce comme une introspection à l’extrême peine à convaincre plus qu’il ne le faudrait.

Pour l’exemple, de longues plages particulièrement travaillées dans lesquelles claviers et guitare se taillent la part du lion ont été comparées, excusez du peu, à Joe Satriani voire Rick Wakeman. Si techniquement la production solitaire de Lelio Padovani est pour le moins irréprochable, une trop nette impression de « déjà entendu » s’en détache et nuit au plaisir que pourraient susciter ses quelques mélodies bien trop timides. Si une indéniable homogénéïté surprend malgré les trente minutes de ce disque, là où justement Joe Satriani sait étreindre et embarquer, cet Italien se contente d’effleurer quelques bonnes idées sans pour autant insister dans son propos.

« Time Traveler » démarre pourtant sous de très bons auspices avec une envolée de guitare fluide qui s’étale malheureusement dans des limbes répétitifs, anxyogènes et anachroniques… et ainsi de suite. La structure de chaque morceau est ainsi constamment rompue par des passages à la guitare bien interprétés mais qui n’en confèrent pas moins une fatigue auditive. Seule la ballade « A Love Scene » s’en sort péniblement malgré un clavier dégoulinant et omniprésent qui n’apporte strictement rien au morceau.

Lelio Padovani alterne ainsi des moments très hypnotiques, totalement dénués d’affect et assortis d’un fond sonore faisant plus l’objet d’une bande-originale de film que d’un arrangement plus parlant. Et si les esquisses electro ne sont encore une fois pas vraiment ratées, bien au contraire, les limites de l’auto-production les anéantissent bien vite. Dommage, un producteur professionnel aurait pu aidé à assembler ce flot de bonnes idées qui se contentent ici d’être mises bout à bout sans propos cohérent.