Frames - Mosaik

08/04/2010

Par Jérôme Walczak

Label: Steamhammer

Site:

Frames est un groupe germanique qui présente une première production constituée de onze pièces instrumentales, finement ciselées, dont il est pourtant difficile de cerner les écueils de prime abord. Avec une démo publiée en 2009, baptisée 124 EP, qui fut proclamée « démo de l’année 2009 » par le magazine Rock Hard et l’effet de, comment dit-on déjà… « ramdam » (ça signifie buzz en novlangue) qui bat son plein depuis l’été dernier dans toute la presse d’outre-Rhin, le suspense prend fin avec la sortie de Mosaik.

Avec ses longues plages de piano, quelques logorrhées sonores qui ne départiraient pas chez Terry Riley, des moments plus introspectifs voire franchement dark à la Bauhaus, des sessions presque classiques (« ISP ») et, sans trop exagérer, quelques effets plus teutons à la guitare et à la batterie employés à fort bon escient, l’album possède autant d’atouts que de bons prétextes pour réveiller l’auditeur de sa torpeur. « Insomnia » est d’ailleurs un modèle de pièce progressive où chaque instrument s’empile avec équilibre sur le précédent pour terminer en apothéose juste jouissive.

Il réside en outre une fluidité déconcertante dans l’enchaînement des titres et tel un surfeur, on se surprend à glisser de vague en vague au gré de différentes ambiances musicales dont le caractère hypnotique agrippe furieusement l’esprit. Un morceau particulièrement mélancolique tel que « Driving Head » incarne l’exemple le plus flagrant du soin extrême apporté à la structure et à l’architecture du disque : une introduction piano très douce, presque tirée d’un album de U2 période Joshua Tree, qui peu à peu s’effiloche vers des contrées plus arides, plus sombres, de va-et-vient perpétuels entre guitare et effets de sons en tous genres, pour s’achever par une douce mélopée simple et reposante.

D’autres titres, moins surprenants, auraient mérité un travail supplémentaire, notamment « Horizon » par exemple, qui gravite un tantinet trop vers les univers de Mike Olfield. Frames excelle donc largement plus dans le son construit et grave que dans la légèreté pétrie de violonnades et de guimauve. On ne leur en tiendra pas rigueur, car voilà un excellent album, mélodique, poussé, cherché, qui ne manque ni d’audace, ni de plaisirs à partager. Une performance solide !