Coheed and Cambria - Year of the Black Rainbow

23/03/2010

Par Jean-Philippe Haas

Label: Roadrunner Records

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En 2007, la tétralogie qui narrait les péripéties science-fictionnelles de Coheed et de Cambria s’achevait sur No World for Tomorrow. Mais Claudio Sanchez avait plus d’une « préquelle » dans son sac ! L’histoire développée sur Year of the Black Rainbow se déroule en effet avant celle qui fut retracée sur les quatre premiers albums du groupe et permet d’éclairer quelques-unes des zones d’ombres restantes.

Plus vendeur que « metal progressif », le terme « emocore » souvent accolé au groupe n’est pas davantage révélateur de la musique jouée par Coheed and Cambria, si ce n’est peut-être pour un chant maniéré et passablement agressif, une production assez typique du genre et une nette tendance à produire des refrains bien calibrés. « Here We Are Juggernaut » , « World of Lines » et « Made Out of Nothing » font ainsi figure d’hymnes taillés pour la scène. Malgré une sophistication toujours assumée, les New-Yorkais reviennent d’ailleurs à des compositions plus directes dans l’ensemble.

Néanmoins, malgré cette propension à l’édulcoration et l’absence notamment de mastodonte final, signature de Coheed and Cambria depuis The Second Stage Turbine Blade, Year of the Black Rainbow dispose comme ses prédécesseurs de quelques caractéristiques qui méritent qu’on s’y attarde. Par leur écriture parfois très élaborée ou leur originalité, certains titres sortent du lot, comme le frénétique « Guns of Summer », sorte d’electro metal dansant, ou encore « Far » et sa surprenante touche cold wave.

Le reste de l’album réalise un savant numéro d’équilibriste entre heavy metal britannique et rock alternatif à l’américaine. Excepté la vanité d’un « Pearl of the Stars » qui dénote un certain essoufflement de fin de parcours, ce disque reste une brillante illustration du phénomène Coheed and Cambria, dont le succès international quoique mérité reste une énigme.