Cyril Achard - Violencia

12/03/2010

Par Christophe Gigon

Label: Lion Music

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Réputé pour sa musique très travaillée et architecturalement complexe, le virtuose français Cyril Achard a notamment joué au sein de (feu) la formation française de rock néo-progressif Arrakeen, qui connut son heure de gloire au crépuscule des années quatre-vingts lorsqu’elle ouvrit pour Marillion lors de la tournée Seasons End. Le guitariste qui officiait alors sur l’excellent premier album Patchwork (1990) n’était autre que Sylvain Gouvernaire, qui forma ensuite le projet Iris avec Ian Mosley et Pete Trewavas, respectivement batteur et bassiste de Marillion.

Comment, dès lors, remplacer cet excellent musicien démissionnaire, si sensible et si racé ? Le choix se porta donc sur le non moins talentueux mais bien moins « progressif » Cyril Achard sur le très moyen Mosaïque paru en 1992. Et la différence fut notable lorsque les envolées lyriques s’évaporèrent pour laisser place au metal instrumental asséné par le jeune mandaté, avec toutefois l’art et la manière de manier sa six-cordes avec une maestria confondante, propre à l’époque (Steve Vai, Joe Satriani et autres Edward Van Halen).

Depuis, le Montpelliérain a fait du chemin, jusqu’à devenir une référence en la matière dans le circuit hexagonal des professionnels de la guitare, jouant avec les plus grands et touchant à tous les genres musicaux : jazz, rock et metal (avec notamment le superbe Confusion datant de 1997 ou ses travaux avec Morbid Feeling). Ce dernier effort en studio sonne d’ailleurs de manière énergique puisqu’il est l’œuvre d’un power trio, et que la production digne de celles d’Eddie Kramer (l’ingénieur du son de Jimi Hendrix) concourt à donner ce sentiment de naturel qui n’est pas désagréable, malgré un son d’ensemble résolument brut.
Des noms ? Le connaisseur reconnaîtra ici et là des emprunts discrets aux travaux en solo de Steve Lukather (Toto) ou, comme de bien entendu, du grand Satch. Mélodique bien que technique, Violencia pourra plaire aux profanes, même si de telles productions auront bien de la peine à surnager dans la masse des disques jumeaux qui saturent déjà le marché de la musique instrumentale à guitares. Moins shred que l’on pouvait le craindre, heureusement !