Barren Earth - Curse of the Red River

05/03/2010

Par Nicolas Soulat

Label: Peaceville

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Il est toujours fort amusant de se laisser berner, du haut de ses quelques (nombreuses) piges d’expériences métalliques, par une pochette qui sent les remugles de bas-fonds de magasin spécialisé, semblant affirmer les plus sombres intentions. « Et toi, Juda, tu n’écoutes pas ? Tu trouves pas que ce qu’il y a dans ton lecteur n’a pas l’air catholique ? ». Grand mal en fasse aux mauvaises langues, car elles vont être confrontées à de la musique réfléchie !

Si la production semble parfois sortir une main de la boue, c’est pour mieux asséner quelques surprises au détour d’un ou deux riffs bien gras, lorsque pianos, guitares acoustiques et chant clair viennent se mêler avec force caractère aux rugissements vocaux et autres diableries guitaristiques, histoire de ne pas non plus trahir la pierre tombale qui commençait à se sentir seule au premier plan.

Et s’il peut être difficile d’assumer une personnalité convaincante avec ces quelques ingrédients, Barren Earth tire littéralement son épingle du jeu, quitte à carrément la balancer dans la botte de foin. LA fameuse patte nordique vient lier avec une classe non dissimulée des influences qui se sont pourtant plusieurs fois rencontrées au détour d’un Skydancer ou d’un Projector de Dark Tranquility.

Sauf que sur les rives de cette rivière rouge, on shred autour de quelques brisures rythmiques et de deux ou trois thèmes de claviers fleurant bon les seventies, sous couvert d’un propos beaucoup plus noir et lourd, à la limite de l’oppressant. Ce contraste qui aurait pu (ou du) exploser en vol tient la dragée haute de bout en bout aux sceptiques, en maintenant un cap progressif étonnant pour un disque au final bigrement mélodique et d’une grande maturité. Les diversions sont réussies, notamment grâce à des soli de guitares aux ambiances plus aériennes, emmenées par un excellent chanteur solidement ancré dans des ritournelles harmoniques, qui se permettent en plus d’être imprévisibles. Il serait véritablement ardu de ranger un tel disque dans un rayon de disquaire, et même dans un catalogue Adipocère… Doom-progressif-nordico-acoustique-excellent ?