Kruger - For Death, Glory and the End

11/02/2010

Par Jean-Daniel Kleisl

Label: Listenable Records

Site:

Gentes dames, fuyez dans vos pénates ! Les joyeux destructeurs de Lausanne reviennent avec un nouvel album sauvage. Tout comme son prédécesseur Redemption Through Looseness (2007), For Death, Glory and the End of the World joue les rouleaux compresseurs auriculaires avec une délectation sans bornes. Le son reste massif (le mot est faible !), Kurt Ballou au mixage ayant l’habitude de booster les égaliseurs dans le rouge.

Pour son quatrième album, Kruger continue sur sa lancée avec les atmosphères pesantes (« Return of the Huns ») et chaotiques (« The Ox ») dont eux-seuls ont le secret. A nouveau, la batterie dicte des structures changeantes (les breaks insensés de « Villains ») et dirige de main de fer la manœuvre sur laquelle les instruments n’ont plus qu’à se poser comme des fleurs (ou des enclumes, cela ne change pas véritablement la donne). Une fois de plus, les vocaux de Reno font merveille et ses harmonies vocales hurlées, encore une marque de fabrique de Kruger, sont proprement terrifiantes. A nouveau, les textes naviguent dans l’auto-dérision et le second degré se fait gras comme en témoigne le titre prétentieux et pompeux du disque.

En terme de nouveauté, à part une production légèrement supérieure à Redemption Through Looseness et des morceaux liés entre eux, For Death, Glory and the End of the World n’apporte rien de très croustillant. Kruger fait du Kruger. En revanche, il le fait très bien ! « Muscle », avec un Jo Duplantier (Gojira) en grande forme aux vocaux, décape tout sur son passage et « Our Cemetary Is Full of Strangers » figure parmi les meilleures compositions jamais écrites par le groupe. Tout cela est très réjouissant et il nous tarde de nous faire tronçonner les oreilles en concert. Mais force est de constater que Kruger n’a pas totalement utilisé son grand potentiel… et la finesse au scalpel de Cattle Truck (2004), un des meilleurs albums de post-core de la décennie, se fait désirer.