L'ocelle mare - Engourdissement

08/02/2010

Par Christophe Manhès

Label: Souterrains-Refuges / Orkhestra

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Projet d’un seul homme – le guitariste Thomas Bonvalet, ex-Cheval de Frise – L’ocelle mare s’adresse à tous ceux que l’art musical intéresse au-delà des limites harmoniques usuelles. À la fois ascète et explorateur, le Français est avant tout un poète du son qui s’exprime avec une liberté d’expression dépassant toute forme de virtuosité et de rationalité d’écriture pour se concentrer sur une matière sonore vivante, résonante.

Sorti en 2007, il subsistait encore sur le premier album Porte d’octobre quelques lignes claires que l’on peut rapprocher de ces vieilles affiches délavées et mangées par le temps, où l’on peine à retrouver les traces lisibles d’un ancien message. Trois ans plus tard, ce nouvel album ne placarde plus rien. Il ne reste que les murs décatis d’une civilisation que l’on ressent comme anéantie et dérivant dans l’Univers, dont Thomas Bonvalet capte et fait résonner les rumeurs perpétuelles. À partir de ce vaste compost sont exhumés milles détails sonores dans une sorte de poème mouvant pour cordes vibrées et échos perpétuels.

Atonal, ce modeste EP retient l’attention. La prise de son y est magnifique, « signifiante » et joue de multiples dimensions. Peut-être plus extrême dans sa démarche mais aussi plus fluide et riche d’ambiances que son prédécesseur, Engourdissement est un nouveau et beau voyage au milieu des ruines d’une société qui ne sait plus écouter, mais que le talent d’affranchi de Thomas Bonvalet s’applique à rendre pour nous plus sensible. Dans l’attente impatiente de L’occelle mare sur grand format.