Vangough - Manikin Parade

20/01/2010

Par Jean-Philippe Haas

Label: Autoproduction

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Lorsqu’on fait le choix de suivre les traces de Dream Theater, il faut s’attendre à essuyer un grand nombre de sarcasmes tant sont légions les groupes de troisième zone élevés en batterie dans les cages trop étroites d’un prog’métal à l’ancienne usé jusqu’à la corde. Vangough et sa tête pensante Clay Withrow ne craignent visiblement pas de s’engager sur ce sentier marécageux, où beaucoup se sont égarés et jouent pour se différencier du troupeau la carte de la diversité. En effet, Manikin Parade compense son manque flagrant d’originalité par un balayage plutôt large du genre. Des noms familiers du metal progressif « classique » apparaissent de façon plus ou moins criarde sur cette tapisserie aux motifs convenus : Pain of Salvation (pour certains vocaux et arrangements), Superior (pour le piano omniprésent), Savatage (pour l’importance donnée à mélodie) et naturellement Dream Theater (pour tout le reste). L’attirail du heavy progressif à testicules est déployé dans toute sa splendeur (exception faite d’un artwork plutôt inhabituel), sur des tempos assez lents dans l’ensemble : rythmiques lourdes, double pédale surmixée, solos de guitare à la louche, virtuoses ou déchirants, (semi) (power) ballades (sirupeuses), instrumentaux, titres aux durées très variables, et pour faire bonne figure, quelques mesures asymétriques. En revanche, et malgré toutes les casseroles qu’elle traîne derrière elle, cette collection de poncifs est loin d’être aussi prévisible qu’elle en a l’air et réservera quelques moments inattendus et de longues heures d’écoute avant d’être jetée aux oubliettes.