Dysrhythmia - Psychic Maps

19/01/2010

Par Christophe Manhès

Label: Relapse Records

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Dysrhythmia fait partie de ces groupes que l’on aime à ne pas perdre de vue ; de vrais cadors qui s’expriment à travers une virtuosité et une puissance de feu assez ébouriffante. Moins intello qu’Ahleuchatistas et plus rock’n’roll que Don Caballero, le math rock de ces Américains possède un énorme potentiel auquel on s’attache, convaincu qu’un jour viendra où ces requins nous sortiront un truc stupéfiant. Psychic Maps devrait largement combler cette attente.

Avec ce cinquième album, Dysrhythmia franchit une étape. Le groupe quitte enfin le monde des bas instincts, en dépassant sa condition de formation hyper-douée et habituée aux acrobaties exubérantes, pour nous subjuguer avec une musique plus préoccupée d’esthétique que de technique. À l’instar des évolutions expérimentales et sans concession d’un Meshuggah, les Philadelphiens ont fait exploser le miroir des vanités pour déboucher sur une musique toujours plus enragée, mais où la pompe magnifique du matériau sonore saisit l’auditeur, au détour de chaque riff.

Finie la profusion épuisante de breaks épileptiques, sous la cravache de Colin Marston et de sa basse herculéenne. Psychic Maps déploie cette fois un sens de l’épique direct et insolite, une forme de psychédélisme métallique surpuissant, où la guitare dresse des murs flamboyants. Dès « Festival of Popular Delusions », le ton est donné.

Le son est gras, la batterie primaire, et un vent mauvais souffle un déluge de décibels sur lequel se posent les cordes chauffées à blanc de Kevin Hufnagel. Le bien nommé « Room Of Vertigo » sidère par sa partie centrale splendidement animée de résonnances étourdissantes. Quand aux dix minutes chaotiques du final « Lifted By Skin », elles sont tout simplement monumentales.

Pas trop long pour être bu d’une traite – autre preuve de goût –, une fois assimilé, Psychic Maps sera de ces disques qu’il est difficile de lâcher ; parole de « progressien ». Dysrhythmia is born again.