Djam Karet - The Ritual Continues

24/12/2009

Par Jean-Daniel Kleisl

Label: Autoproduction

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Auteur de près d’une quinzaine d’albums à ce jour, Djam Karet reste l’un des piliers du label Cuneiform Records, même si celui-ci n’a de loin pas tout publié des sorties des Américains, d’où l’intérêt de remettre sous les feux de la rampe quelques-unes de ces galettes longtemps laissées dans l’ombre.

L’aventure débute en 1982 sous le nom de Happy Cancer. « Tangerine Rabbit Jam » et « Night Scenes », que l’on trouve sur The Ritual Continues,sont des vestiges de cette époque. En 1984, l’ensemble prend le nom de Djam Karet et, après des dizaines de concerts, enregistre enfin en 1987 ce premier album tant attendu, qui sera publié en format cassette et vinyle. L’édition CD, remixée pour l’occasion, parait en 1993 seulement.

Résolument sans complexe, The Ritual Continues aborde tous les aspects développés par Djam Karet au cours de la suite de sa carrière et que les amateurs du groupe connaissent bien : un jazz-rock progressif instrumental alternant les duels incendiaires de guitares (« Technology and Industry ») et des passages très ambient (« Revisiting a Quiet Place »). Enregistrées pour la plupart en public, les compositions ne subissent pas les longs développements solistes qui parfois alourdissent ce genre de musique, et bénéficient d’un superbe mixage par ailleurs ! Les Californiens développent ainsi un propos qui reste très personnel, sans toutefois pouvoir être qualifié de vraiment original.

L’ombre de King Crimson plane indéniablement sur ce premier rituel, au point que c’en est profondément troublant. Le roi pourpre avait été dissout en 1984 par la fripouille, mais certaines pièces de l’album laissent percevoir comme un lien entre cette incarnation défunte de la « bande à Robert Fripp » et la suivante, qui sévit entre 1994 et 2003. On pense particulièrement à « Technology and Industry », mais aussi au morceau éponyme ou à l’électronique « Fractured » que n’auraient pas reniés les ProjeKcts, avec dix ans d’avance, précisons-le.

Misant sur les ambiances plutôt que sur l’esbroufe, The Ritual Continues a permis à Djam Karet de mettre sa carrière prolifique sur les rails. Ce qu’on pourrait reprocher à ce premier essai est qu’il servira sans doute trop d’inspiration pour les parutions suivantes. Relativement méconnu car mal distribué, cet album reste aujourd’hui encore un grand disque de rock instrumental.