Skyfire - Esoteric

22/12/2009

Par Marjorie Alias

Label: Pivotal Rockordings

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Il y a des groupes à la régularité exemplaire, aux sorties d’albums chronométrées et au line-up définitivement stable. Et il y a ceux qui connaissent des rebondissements plus ou moins volontaires, en profitent pour prendre un peu (ou beaucoup) de recul avant de fournir un nouveau travail. Risque inconsidéré ou stratégie gagnante pour créer un manque, voire un besoin de plus en plus pressant chez le public ? Toujours est-il que les Suédois de Skyfire, qui n’avaient pas laissé indifférent lors de leurs précédentes productions, ont attendu cinq ans avant de donner un successeur à leur dernier effort studio Fractal.

Durant ce laps de temps, en plus d’un soin particulier apporté à la composition et l’enregistrement des titres, le guitariste Johan Reinholdz (Andromeda) et le vocaliste Joakim Karlsson ont rejoint l’équipe. Skyfire est fin prêt à en découdre et revient asséner ce qu’il décrit comme le « retour attendu du death progressif des cerveaux »…

Soit. Les musiciens savent effectivement de quoi ils parlent et une certaine rage de convaincre ne manque pas à l’écoute des morceaux. Cependant, l’impression d’être embarqué dans une montagne russe qui ne monterait malheureusement jamais bien haut prend le dessus : ça va très vite, ça crie très fort autour, les rouages sont maîtrisés mais le plaisir tarde à venir. Pire, au bout de quelques tours on se surprend à vouloir voir arriver la fin du manège prématurément.

Métaphores douteuse mises à part, si le labeur instrumental est aux petits oignons (avec une mention spéciale aux guitares, précises et incisives), le chant « extrême » et linéaire irrite sur la durée et peine à donner vie aux compositions, sans parler du mélange d’inspirations speed, de blasts à tour de bras et de claviers vaguement progressifs qui sont plutôt lourds. C’est dans les trop rares mid-tempo et éclaircies mélodiques que se situent certaines subtilités peu mises en valeur sur l’ensemble des titres.

De manière générale, le concentré d’originalité se dessinera lors des introductions, autant dire que c’est bien maigre. Le morceau bonus clôture l’album en s’aventurant vers un chant clair et des mélodies plus  »naives » qui auront néanmoins le mérite de surprendre un auditeur baigné dans un univers jusque-là trop uniforme. Dommage, à moins d’être par avance totalement acquis à leur cause, le temps pris avant de pouvoir tendre les oreilles vers Esoteric pourrait finalement s’avérer inversement proportionnel à sa durée de vie…