Bojan Z Tetraband - Humus

10/12/2009

Par Mathieu Carré

Label: Universal

Site:

Bojan Z prend goût aux climats sales et rugueux. Avec Xenophonia (Label Bleu, 2006), il avait mis en avant un étrange orgue criant des sons baveux et agressifs, ce xénophone au nom chargé de sous-entendus, qui résume bien le personnage et sa musique. L’homme est un artiste atypique, au nom si compliqué qu’on préfère l’abréger. Quant à sa musique, elle puise sa fougue dans un mélange permanent d’influences, confrontation entre le jazz et les musiques populaires d’Europe de l’Est. Ainsi, Bojan Z provoque et bouscule les conventions, presque par habitude. Pour ce dernier disque, il a confronté son inspiration au contact un terreau fertile et humide, gorgé de distorsions et de lignes de basses sombres que l’on croirait issues d’une bande originale de film policier français des années 70 (« Natural Ground », « N°9 »). Aidé dans sa quête atypique par Sebastian Rocheford à la batterie et Ruth Goller à la basse, membres artificiers d’Acoustic Ladyland au jazz-punk ravageur, le leader s’amuse derrière ses claviers. Parfois emporté par la rage adolescente de ces collègues, il sait aussi revenir à ses racines serbes (« Fuzzlija »). Il n’oublie surtout jamais la mélodie au cours de ce périple jonché d’interventions de trombone enthousiastes de Josh Roseman. Décidé, débridé et entouré de talents, avec Humus Bojan Z invente à lui seul le jazz « volbalkanique », et on en redemande.