Acanthe - Someone Somewhere (réédition)

06/12/2009

Par Christophe Gigon

Label: Musea

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Dans sa louable entreprise de préservation et de sauvegarde du patrimoine progressif mondial, le label français Musea a déniché ce groupe grenoblois qui sévissait dans les années soixante-dix. Si la musique que proposait cette formation au nom végétal était tout sauf originale pour l’époque, il serait incorrect de passer la passer sous silence, tant la qualité intrinsèque de cet album injustement méconnu bénéficie d’un époustouflant travail de remastérisation lui offrant le plus grand éclat.

L’auditeur nage en eaux connues : Ange, Pink Floyd, The Doors et Deep Purple forment sans nul doute possible les principales sphères d’influences d’Acanthe. En revanche, un chant partagé entre l’anglais et la langue de Molière ainsi que des compositions de très bonne tenue suffisent à donner une certaine identité à la musique proposée par ce « suiveur » de l’époque bénie des amateurs de rock progressif.

De magnifiques soli de guitare font suite à de très beaux arpèges cristallins, le tout mâtiné de sons d’orgue d’époque et, fait suffisamment rare pour être signalé, le timbre de voix du chanteur ne fait jamais penser à celui de Christian Décamps (Ange). Incroyable pour un groupe qui pratique une musique si (stéréo)typée en France !

Le travail de remise à niveau sonore fait honneur aux standards exigeants d’aujourd’hui. L’illusion fait mouche et l’on croit entendre un de ces groupes actuels jouant aux vieux briscards rétro des seventies, à l’instar de BigElf ou encore Tinyfish. En replaçant ce disque dans son contexte, il apparaît étrange que nul n’en ait entendu parler jusqu’à cet hiver. La faute est désormais réparée, heureusement.