Jason Adasiewicz - Varmint

13/11/2009

Par Christophe Manhès

Label: Cuneiform Records / Orkhestra

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Toujours à la recherche d’expressions jazz originales, le label Cuneiform Records a jeté cette fois-ci son dévolu sur une formation composée de l’élite jazz chicagoane, le quinquette Rolldown. Menés par le compositeur et vibraphoniste Jason Adasiewicz (prononcez a-da-chè-vits), ces virtuoses sont animés d’une subtile ambition, pas toujours accessible au commun des mortels, et qui cherche à harmoniser les idées novatrices de l’âge d’or du célèbre label Blue Note avec un langage plus contemporain et personnel. Second jalon discographique, Varmint marque un pas en avant dans cette quête artistique.

Pour tenter de saisir l’esthétique de cette musique nourrie à l’art cinétique du jazz du début des sixties, post-bop, il faut évidemment se tourner vers des influences aussi importantes que les abstractions de Out to Lunch! d’Eric Dolphy ou Point of Departure d’Andrew Hill. Aussi Varmint regorge de ce pétillant caractéristique qui asticote l’oreille et l’esprit et d’un sens de la liberté de mouvement proche du trip sous acide. Avec son swing entêtant balançant entre free-jazz et langage plus accessible, on imagine sans peine l’album comme une bande-son idéale du Vertigo d’Alfred Hitchcock.

Pour l’amateur de musique progressive, il ne fait aucun doute que l’écoute de Varmint pourra se révéler frustrante, car un brin trop monochrome. Seule l’oreille aguerrie du mélomane versé dans la culture jazz devrait être capable de pénétrer et d’apprécier à sa juste valeur les audaces grammaticales de cette musique, à laquelle il manque tout de même une mise en scène sonore mieux contrastée et un souffle plus ample.