A Storm of Light - Forgive Us Our Trespasses

11/11/2009

Par Aleksandr Lézy

Label: Neurot Recordings

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On parle souvent de lui comme le créateur des visuels de Neurosis… Révision faite, il est aussi guitariste des excellents A Battle of Mice ou encore de Red Sparowes, formations expérimentales tournées vers le metal et le post-rock. Josh Graham se retrouve depuis 2008 au poste de chanteur/guitariste de A Storm of Light, quatuor sludge apocalyptique américain aux influences fièrement revendiquées.

Avec ce nouvel album, fidèle successeur de And We Wept the Black Ocean Within, l’orage de lumière tombe sur Forgive Us Our Trespasses. En dignes descendants de Neurosis, cousins éloignés d’un Mastodon paraplégique, les conquérants du doux chaos imposent une musique pesante, enivrante et massive. Certes, rien de révolutionnaire ici, mais un charme angoissant et une volupté déconcertante malgré quelques redondances et l’implacable linéarité des tempi ! Josh Graham offre des lignes vocales efficaces, pleines de force et d’intensité mélodique, qui rendent certaines ambiances paradoxales. De plus, ses visuels sont encore une fois incroyables, d’une riche beauté et d’une complémentarité évidente avec la musique.

Les femmes sont à l’honneur sur ce disque. On retrouve entre autres quelques invitées dont les décapantes Jarboe et Lydia Lunch, ainsi que la délicieuse Carla Kihlstedt de Sleepytime Gorilla Museum au chant et au violon sur deux titres. Rappelons également la présence, comme membre à part entière, du guitariste Joel Hamilton de Book of Knots et A Battle of Mice. La production – que l’on doit en outre à ce dernier et à Josh Graham – atomise tout sur son passage, et une réelle pureté se dégage de ce grain noise et immensément métallique, comme si l’Apocalypse devenait bénéfique à la planète, telle une purification.

Toutes leurs offenses leur seront pardonnées, qu’ils se rassurent. A Storm of Light propose un album sérieux, léché jusqu’aux plus profonds recoins de ses puissants accords. La formation a eu l’intelligence d’aller plus loin encore qu’avec son premier album, tout en se détachant des influences du maître incontesté Neurosis. Evidemment, une bonne dose dévouement à cette musique sera nécessaire afin que le profane puisse pénétrer avec aisance ce marasme de distorsion et ce manque de rebondissements et mises en haleine. Mais c’est avec beaucoup de plaisir que l’auditeur se laissera immerger dans tant d’émotions fortes.