Russian Circles - Geneva

09/11/2009

Par Christophe Manhès

Label: Suicide Squeeze Records

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Entre post-rock et sludge metal atmosphérique, Russian Circles a toujours joué une musique impressionnante. Chacun de ses albums possède une vison panoramique du temps et de l’espace aussi ample que sombre. Il suffit de se plonger dans l’immensité du ciel de Station, leur chef-d’œuvre sorti en 2008, pour s’inviter dans le vortex implacable des éléments. L’immensité des décors saisit avec la même fascination qu’un cataclysme cosmique. C’est beau et sauvage.

Mais Geneva se distingue de ses magnifiques prédécesseurs car les Américains y exploitent l’aspect bestial de leur style tout en négligeant sa beauté. Le trio assène dès lors une musique trop compacte dont le fond l’emporte sur la forme, ravageant l’allure auguste des compositions. Pour ne rien arranger, la production est plus confuse qu’auparavant, parfois même pâteuse. Elle laisse peu d’occasion aux détails de donner toute sa dimension à une musique qui non seulement n’en manquait pas mais s’en nourrissait. Seul un titre – mais quel titre ! – profite de ce nouveau parti pris, « Malko ». Neuf dans sa physionomie, il dégage une impression de puissance étourdissante et laisse percevoir en à peine cinq petites minutes ce qu’aurait pu être ce nouvel album, c’est-à-dire un disque esthétiquement novateur.

Si Russian Circles est un excellent groupe capable à tout moment de terrasser l’auditeur par son énergie ou de subjuguer par la grâce de ses parties post-rock, son charisme en a pris un sacré coup par cette décision de passer en force avec Geneva.