Kansas - There's Know Place Like Home

05/11/2009

Par Christophe Manhès

Label: InsideOut Music

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Voilà trente-cinq ans que le fameux groupe américain de rock progressif a sorti son premier album. Pour célébrer cet anniversaire, rien de mieux que d’éditer en forme de best of un live capable de rafraîchir la mémoire sur sa longue carrière qui a connu son apogée à la fin des années soixante-dix. There’s Know Place Like Home s’en charge à l’aide d’un line-up constitué de Phil Ehart à la batterie, Dave Hope à la basse, David Ragsdale au violon, Richard Williams à la guitare et l’incontournable Steve Walsh au chant et aux claviers.

Pour les amateurs de la première heure, ce casting s’avère être une légère déception. Le violon de Robby Steinhardt manque à l’appel tout comme l’excellent guitariste Kerry Livgren. C’est d’autant plus dommage que ce dernier, à travers sa brève apparition en tant qu’invité, fait preuve d’une classe bien supérieure à celle de son binôme naturel, Richard Williams, dont le charisme électrique est ici nettement en berne. Pour l’occasion, le groupe est également accompagné d’un grand orchestre, une présence qui n’a rien d’incongru quand on connaît la constitution très symphonique de Kansas. Dans les faits, il ne parvient malheureusement jamais à valoriser la musique des Américains, bien au contraire.

Techniquement There’s Know Place Like Home tient la route, d’autant plus que le groupe a toujours été à son aise en concert : l’image et le son sont propres, la caméra fait son job pour mettre un peu de nerf dans un show plutôt statique. Musicalement, il aborde en toute logique le meilleur des seventies en se concentrant en grande partie sur les deux plus grands albums du groupe, les superbes Leftoverture et Point of Know Return.

Virtuose sans trop en faire, la musique des Américains s’exprime selon des lignes mélodiques à l’impact immédiat, typique du « genre US ». Des méga tubes comme « Carry On Wayward Son » ou « Dust in the Wind » font preuve encore aujourd’hui d’une redoutable efficacité. Ce DVD se révèle pourtant être une déception. Plutôt que de magnifier chaque titre, la partition orchestrale les affadit en dénaturant l’essence typiquement hard progressif de Kansas. Contre toute attente, la vraie surprise du seul bonus réside dans la jam-session « Down the Road » où l’on goûte enfin à la puissance instrumentale originelle du groupe. Moins guindées que sur scène, les guitares reprennent enfin leur place, celle du brillant Livgren en tête.

En conclusion There’s Know Place Like Home doit être considéré comme un honnête produit dérivé destiné aux seuls fans. L’association orchestre classique et rock se révèle une fois de plus une fausse bonne idée. Pour se divertir des performances scéniques du groupe, mieux vaut se plonger en 1978 avec l’album live Two for the Show, un authentique must have.