Shrinebuilder - Shrinebuilder

30/10/2009

Par Aleksandr Lézy

Label: Neurot Recordings

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Derrière ce nom se cache l’association de quatre figures majeures de la scène doom/stoner/sludge. Une ligue de super héros pour ainsi dire constituée de Robert Scott « Wino » Weinrich, chanteur guitariste des feux The Obsessed, Saint Vitus ou encore Spirit Caravan [NdlR: rien que ça !], Scott Kelly de Neurosis à la guitare, Al Cisneros des groupes Om et Sleep à la basse et Dale Crover de Melvins à la batterie. Bref, une réunion qui apparaît comme prometteuse sur le papier.

Fine fleur de ce que savent proposer de mieux les barbus aux chemises de bucherons, ce premier album éponyme, dépote tout en restant fin et captivant. A la manière d’un Mastodon moins lourd et légèrement moins riche, l’aspect psychédélique des ambiances lancinantes et écrasantes est supplanté par des riffs sonnants et trébuchants qui tournoient sur eux-mêmes. L’ensemble fait don d’une grande maîtrise instrumentale qui ne réside pourtant dans aucune technique particulière ni démonstration imposée, simplement dans une connaissance parfaite du style pratiqué. De plus, chaque musicien met sa voix à contribution et insuffle des dynamiques considérables à des passages marquants sur ces cinq morceaux homogènes et délicatement ciselés.

Ultra fidèle à la réalité, la production résulte d’un travail soigné qui rend honneur à ce projet. D’une durée longue, les titres que parcourt l’auditeur s’écoutent d’une traite. Malgré une grande appréciation de ce produit de qualité, l’exultation ne permet pas d’atteindre le nirvana sous acides. La linéarité des genres pratiqués conserve ses travers et la redondance s’avère être un frein, et c’en devient une fâcheuse habitude, à l’évolution de ces courants musicaux.