Edouard Ferlet - Filigrane

29/10/2009

Par Mathieu Carré

Label: Mélisse Music

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Tout commence comme un conte de fée que racontent les parents le soir. Une voix amicale fredonne un petit air pour aider l’enfant à s’endormir et ouvrir son imagination. « La fable du grimoire » est belle et les mots qui la composent sont simples. Edouard Ferlet perpétue avec ce disque le périple débuté aux côtés du contrebassiste Jean-Philippe Viret, où la qualité du son et des ambiances escamote comme par magie la virtuosité des musiciens. Des tentures en velours, des fauteuils profonds, Filigrane englobe littéralement ceux qui choisissent de s’y enfoncer. Et le plus tard sera sans doute le mieux, tant cette musique semble avoir été composée pour la nuit, au son de la trompette d’Airelle Besson qui rappelle parfois celle de Miles Davis improvisant devant le Paris nocturne d’Ascenseur pour l’échafaud (« Note Line »). Tout le discours du pianiste se construit sur les bases de quelques accords, une mélodie scandée avec une monotonie fascinante soutenu par les percussions de Fabrice Moreau, un duo de cuivres féminin (Airelle Besson et Alexandra Grimal) et sensuel (« Julien »), qui parfois s’efface pour ne laisser qu’un chuintement… La bouilloire qui siffle, l’enfant qui souffle sur sa soupe, le chat qui miaule pour rentrer : l’hiver frappe à la porte et confère au foyer une chaleur encore plus appréciable. Au coin de l’âtre, on écoute ces artistes, et tels des enfants émerveillées, on se met à rêver devant tant de talent.