The Poison Arrows - First Class, and Forever

29/10/2009

Par Jean-Daniel Kleisl

Label: File Thirteen Records

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La promotion d’un groupe a tout pour énerver parfois le chroniqueur un tant soit peu critique, comme ce trio formé par des ex-membres de groupes réputés (Don Caballero, The Ponys) et présenté comme un super groupe. L’indéboulonnable Steve Albini est également cité, et toujours à n’importe quelle sauce. Une « albinerie » de plus, se dit-on ! Or, à part être le propriétaire du studio d’enregistrement, le célèbre Electrical Audio Studio à Chicago, le célèbre ingénieur du son n’a pour ainsi dire rien à voir avec l’album sous revue. C’est un comble !

Ne pas jeter toutefois le bébé avec l’eau du bain. Si les musiciens sont expérimentés, ils n’en essaient pas moins de proposer un parfum nouveau dans la cuvette du math rock décidément pleine à ras bord. Après deux premiers EP, First Class, and Forever est concentré de mélange d’influences habilement assimilées, notamment la puissance rythmique d’un Don Caballero dont l’ex-bassiste Patrick Morris en est ici la clé de voûte, et dont l’instrument est mis en valeur par le mixage et soutenu par une batterie sans fioriture. En outre, la nonchalance vocale de Justin Sinkovich évoque les Sonic Youth. De plus, la formation tente des expérimentations sonores que n’aurait pas reniées Radiohead ou Battles.

Les Chicagoans impressionnent presque avec cette excellente première carte de visite, pour peu de prendre le temps de les découvrir. Dès « Future Wine », entre les coups de boutoir de la (poly)rythmique, se laisse entrevoir une ambiance délicieusement malsaine, fruit de synthétiseurs – parfois kitsch – du meilleur effet. « Fire Up the Happiness Center », la pièce la plus enlevée illustre à point nommé le propos. Certaines langueurs sur la fin de l’album subsistent toutefois, comme l’illustre le trop post-rock et trop long (pléonasme ?) « To Meet Eyes ». On attend avec impatience la suite de leurs aventures !