Moongarden - A Vulgar Display of Prog

27/10/2009

Par Christophe Gigon

Label: Distilleria Music Factory

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Un an seulement après Songs From the Lighthouse, ce nouvel album se dévoile affublé de son hideuse illustration de pochette digne des cartes de Noël que vos enfants, otages d’institutrices perverses, ne manqueront certainement pas d’offrir pour les prochaines fêtes. Manifestement, Halloween bat son plein. Et si la musique du quintette transalpin est à l’image du ramage de la jaquette cartonnée, le pire est à craindre…

Il n’en est heureusement rien. En revanche, si une évolution notable (entre autres due au changement de chanteur) avait été remarquée entre le magnifique Round Midnight (2004) et le plus commun Songs From the Lighthouse (2008), la recette demeure cette fois (malheureusement) parfaitement inchangée. A Vulgar Display of Prog se présente ainsi comme la copie (presque) conforme de son prédécesseur.

La voix typée et « typiquement italienne » du vocaliste confère à cette nouvelle production agréable et fort bien huilée, à défaut d’être surprenante, un aspect rassurant par sa familiarité. Si l’évolution du propos musical était à l’image de la progression iconographique des trois derniers disques (changement de logos, de concept, de calligraphie, à chaque fois), l’auditeur lambda prendrait la fuite, et à raison ! Cette étrange discontinuité visuelle perturbera toutefois l’amateur interloqué de savoir s’il s’agit toujours bien du Moongarden qu’il connaît et qui existe depuis 1994 déjà, malgré d’incessantes ruptures de style et de rotations de personnel au fil des six disques produits.

Cette cuvée millésimée 2009 a été tirée au même tonneau que celui de l’an dernier, à la grappe d’un rock progressif de facture classique et emplie de multiples influences (King Crimson, Genesis, PFM). Cristiano Roversi, musicien polyvalent, auteur et producteur de cette galette, est également connu pour jouer avec ses compatriotes de The Watch, formation hommage au Genesis de l’ère Peter Gabriel. Pas étonnant, dès lors, que les ambiances seventies ne soient pas encore totalement dissipées.

Pourtant, des influences plus modernes s’immiscent dans l’écriture (Porcupine Tree, Frost*, Riverside) et font ainsi naître cette impression d’énorme fourre-tout musical, jamais indigeste bien que banal. Mieux, force est de constater que le groupe a réussi le tour de force d’affirmer une identité forte et parfaitement présente jusque dans ses influences les plus marquées. Loin de marquer l’histoire du rock progressif du XXIe siècle, Vulgar Display of Prog reste néanmoins suffisamment solide, honnête et efficace.