Asylum Pyre - Natural Instinct?

06/10/2009

Par Marjorie Alias

Label: Autoproduction

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Un premier album mérite toujours une attention toute particulière. Suivant généralement un EP plus ou moins prometteur, la réalisation de la véritable production originelle d’un groupe est souvent semée d’embûches et synonyme d’efforts finalement concrétisés. C’est lors de l’écoute que l’on pourra enfin appréhender ce qui n’était jusqu’alors que suggéré. Les Français qui se prêtent aujourd’hui au jeu ont pour le moins soigné la présentation de l’objet du délit : de l’artwork particulièrement intrigant au titre évocateur,Natural Instinct?, en passant par le nom même de leur groupe, chaque détail semble avoir été peaufiné.

Le morceau d’ouverture joue d’emblée sur une certaine angoisse, mené par des claviers lancinants et un dialogue quelque peu désespéré entre voix masculine grave et lyrisme féminin. Menant naturellement vers le titre suivant, celui-ci pourrait malheureusement être à la limite de faire basculer le désespéré vers le désespérant…L’atmosphère proposée lors des premières minutes se délite rapidement, refrains et mélodies appauvrissent les thèmes construits par des musiciens maîtrisant pourtant leur sujet.

Un désir de s’affranchir d’une identité trop simple et étiquetée transparaît clairement et explique, voire excuse, les tendances à se disperser, souvent maladroites, de la formation. Ainsi, de bons moments qui fleurent bon la rage de convaincre et l’inspiration surprennent malgré tout agréablement au détour de morceaux souvent longs, quand power metal, voix lyrique ou extrême et breaks plus progressifs se recoupent et se mélangent de façon plus ou moins heureuse. De manière générale, lignes de chants et instruments sont rarement au diapason et peinent à se soutenir mutuellement.

Avant l’ultime morceau de ce premier album, une courte ballade quasi évanescente, tout en retenue bienvenue, aurait gagnée à être exploitée plus profondément. Laissant la dernière place à un titre issu de leur démo, la transition finale n’en devient que plus rude. Chassez le naturel…