Shadowland - Edge of Night (DVD)

30/09/2009

Par Jean-Philippe Haas

Label: Metal Mind Productions

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Menée dans les années quatre-vingt-dix, la carrière de Shadowland se résume à trois albums d’un rock néo-progressif typique de cette époque. Clive Nolan était alors plus prolixe que de raison, enchaînant les contributions et autres projets parallèles sur un rythme aussi effréné que celui de ses doigts parcourant les touches d’un Mini-Moog.

Aujourd’hui, le claviériste anglais semble avoir trouvé en terre polonaise, et plus particulièrement au théâtre Stanisław Wyspiański, un nouvel Eden pour son style de prédilection. Si on ne le soupçonne pas d’avoir des participations chez Metal Mind Productions, il est à supposer néanmoins qu’il partage nombre d’affinités avec le label de Katowice, au point de lui confier la production de tous ses DVD, d’Arena à Pendragon en passant par Caamora et maintenant Shadowland, fraîchement ressuscité d’entre les morts pour les besoins de ce DVD et d’une compilation à l’intérêt discutable. Besoin de sous, Clive ?

Si notre homme a apporté de nombreuses pierres à l’édifice du néo-prog de par son activité foisonnante de claviériste, compositeur et producteur, sa contribution comme chanteur de Shadowland restera des plus anecdotiques. Malgré un enrobage élégant, tant du point de vue du son (5.1 de rigueur) que de l’image, grâce au savoir-faire désormais reconnu du label polonais, le vétéran montre bien plus d’aisance derrière sa panoplie qu’avec un micro comme seule protection : jeu de scène minimaliste et hésitant, voix parfois approximative, sans parler des goûts vestimentaires du bonhomme… A l’image de l’indéfectible Karl Groom (Threshold) aux guitares, le professionnalisme du groupe parvient toutefois à maintenir debout une maison vermoulue, grâce à des compositions d’un autre âge, inutilement grandiloquentes. L’inédit « The Edge of Night » n’échappe d’ailleurs pas à la règle.

Proposé en bonus, un second concert enregistré quelques jours plus tard aux Pays-Bas vient enrichir ce DVD. L’image et le son ne bénéficient cependant pas de la même qualité et la setlist ne propose rien de plus. En outre, l’entrevue avec Nolan et Groom ne s’adresse une fois de plus qu’aux anglophones. Cette reformation au but apparemment mercantile n’éveillera donc l’intérêt que du maigre public d’une musique surannée, qui gagnerait à se remettre en question.