Action Dead Mouse - Revenge of Doormats and Coasters

29/09/2009

Par Christophe Manhès

Label: Greed Recordings

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L’attrait pour le post-rock devient un véritable phénomène. Peu à peu, de grandes nappes lyriques remplissent le ciel gris et encombré des accros au romantisme électrique. Après s’être réincarnés dans le free rock allemand des seventies, les Beethoven ou les Schubert d’hier se nomment aujourd’hui Talk Talk, Mogwai ou Godspeed You Black Emperor!.

La musique des Italiens d’Action Dead Mouse est de ce tonneau. Le groupe biberonne une poésie exacerbée qu’il dissémine en vagues sonores, avec l’appétit et la volupté de ceux qui sont convaincus que la musique pop possède un potentiel catharsique sans pareil. Mais il serait injuste de les cantonner à cette seule case, car leur style en dépasse les frontières, ajoutant à ses dispositions passionnelles la volubilité du math-rock, tressant ainsi une identité qui n’apparait pas franchement comme évidente sur le papier. Sur disque, si l’on se fie à l’entame – l’excellent « Tom Cruise Told Me Dan Savio Is Not Dead » – le groupe est capable de dessiner de belles perspectives. Revenge of Doormats and Coasters entre en résonnance avec le minimalisme contemporain de John Adams, fortement électrisé toutefois des obsessions rythmique de Can et Sleeping People. Beau programme certes, mais qui s’avère loin mais loin de remplir la panse.

Les Transalpins possèdent une signature, mais manquent de l’inspiration qui devrait l’accompagner. Passé le troisième titre, le groupe donne l’impression d’avoir pressé tout son jus créatif et ressasse sans convaincre sa propre formule. Influences et clichés du genre finissent même par devenir transparents à force d’accumulation. Aussi, d’hypnotique et vivifiant au départ, Action Dead Mouse chavire peu à peu vers l’agaçant. Dommage, car en l’absence d’une capacité plus probante à varier les plaisirs, mettre un pied dans la cour des grands s’avérera tâche peu aisée.