Megadeth - Endgame

14/09/2009

Par Aleksandr Lézy

Label: Roadrunner Records

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Pris dans la tourmente depuis quelques années pour raison de santé entraînant des disques mitigés, parfois trop consensuels, des changements de line-up qui n’ont permis ni la stabilisation, ni la réalisation d’une suite logique à des albums devenus mythiques, Megadeth, en la personne de son seul membre fondateur originel Dave Mustaine, se donne les moyens de parachever une œuvre, qui d’après les dires du rouquin devrait arriver à terme incessamment sous peu.

Nul besoin de préciser l’importance et l’influence considérable que Megadeth a exercé sur plusieurs générations de formations métalliques. Du riff technique et rapide aux structures élaborées, en passant par les duels extraordinaires de soli de guitares, le groupe se classe parmi les incontournables du heavy metal. En revanche, Mustaine étant toujours très élogieux avant la sortie d’un nouvel album, méfiance est mère de sûreté.

Pourtant, à l’écoute de ce douzième album au titre et à la pochette épouvantables, le connaisseur ne peut qu’être bluffé : une voix revenue au top de sa forme, bien mise en avant, dégoulinante de hargne et de conviction dans ce timbre si particulier, des riffs de guitares agressifs rappelant les meilleurs passages de Rust in Peace ou de Countdown to Extinction soutenus par une solide section rythmique.

Et un instrumental en guise d’introduction ! Qu’à cela ne tienne. Vingt-et-un ans, plus précisément depuis So Far, So Good… So What?, que Megadeth n’avait pas retenté le coup. Les titres qui découlent de ce démarrage en flèche se révèlent régénérants et puissants, tout simplement inspirés. C’en est définitivement fini des passages racoleurs aux refrains mous, niais et geignards. Megadeth se projette, fait du neuf avec des formules qui ont fait sa gloire. Accompagné d’un guitariste incroyable en la personne de Chris Broderick (plus connu comme ancien guitariste de Jag Panzer ainsi que sur les tournées de Nevermore), Mustaine se sent soutenu et libre d’aller chercher au plus profond de son âme ses meilleures armes et de conjurer les fantômes de ses anciens partenaires, Dave Ellefson et Marty Friedman notamment.

Toujours autant impliqué dans la politique de son pays qu’il trouve scandaleuse, Dave Mustaine aborde ses sujets de prédilection avec opiniâtreté, sans jamais déborder toutefois. L’écriture semble parfois maladroite par rapport à ce qu’il avait l’habitude de proposer. Il offre néanmoins une belle tapisserie à sa musique. La production d’Andy Sneap est à tomber à la renverse tant le britannique rachète les erreurs de son collègue Jeff Balding, auteur du massacre sonore qu’était The System Has Failed en 2004.

Fort d’une carrière admirable et d’une discographie aussi mouvementée qu’impressionnante, Megadeth continue à honorer son contrat avec Roadrunner Records. Dave Mustaine fait coïncider la sortie de ce triomphe avec son anniversaire de la veille, et offre un cadeau à tout ceux qui soutiennent la « mega-mort » depuis tant d’années. Endgame est l’annonce d’une future fin de carrière sur les chapeaux de roues, prouvant l’envie de l’homme aux cheveux roux de laisser de lui un souvenir impérissable.