Gargamel - Descending

08/09/2009

Par Jérôme Walczak

Label: Transubstans Records

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Le rédacteur consciencieux qui s’apprête à arpenter pour une cinquième saison le chemin des écoutes fastidieuses – mais néanmoins professionnelles – après une longue et intense inactivité musicale, est généralement pétri des meilleures intentions qui soient, lorsqu’il daigne reprendre une activité normale. Il se promet notamment d’écouter objectivement les disques, plus d’une fois (même si le style lui procure autant d’émotions qu’un épisode de La Petite Maison dans la Prairie sur Direct 8), de ne pas juger trop sévèrement le jeune album, et de se mettre à la place de celui qui aime et qui désire apprendre des choses, enfin, la routine quoi. C’est donc avec un souci de professionnalisme qui l’honore sans aucun doute, que l’auteur de ces lignes s’est mis en tête de dire tout le bien qu’il est censé penser d’un groupe au nom d’un ridicule achevé.

Nos amis sont norvégiens, pays de Paatos, de Gazpacho, des aurores boréales, des rollmops et des lutins farceurs. Et il faut croire que ces derniers, sans doute par solidarité de classe avec les Schtroumpfs, se sont échinés sur ce pauvre petit groupe tant le propos est particulier. Disons plutôt que c’est anachronique et (vraiment) mal chanté. Tom Uglebakken possède un style – c’est indéniable –, une voix pétrie d’ivresse qui évoque une fin de mariage à sept heures du matin, quand tout le monde range, qu’on en est réduit à fumer les brocolis froids qui restent au fond des cuvettes, et que le mec au fond, qu’on a limite oublié, se met à hurler : « Tiens, et si j’imitais Robert Wyatt, je l’adore ! ». C’est juste désagréable, à défaut d’être énervant.

Ce détail évacué, le contenu musical se tient, inutile d’être bégueule. Ça ressemble à du Van Der Graaf Generator, il est même probable d’y deviner des influences issues de King Crimson. De toute manière, dès que c’est long, sans refrains, avec des cesures à l’emporte-pièce et des vagues de mellotron tsunamiennes, la bande à Robert Fripp est immanquablement mentionnée… Quoi qu’il en soit, ces jeunes gens puisent leur inspiration dans tout ce que les années soixante-dix ont pu produire de déstructuré et de non-mélodique. Les quatre titres sont bien conçus, et au fond, ce deuxième album (après Watch for the Umbles) se révèle maîtrisé : un effort évident est visible quant à la progression de l’ensemble. Cela valait la peine d’être mentionné, mais de là à en faire un panégyrique digne de ce nom, il y a un chemin qu’il est urgent de s’abstenir de franchir. De Gargamel, il n’est à retenir que les deux dernières syllabes.