Apogee - Mystery Remains

17/08/2009

Par Christophe Gigon

Label: Musea

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Encore un disque autoproduit et fruit du travail (presque) solitaire d’un énième multi-instrumentiste qui souhaite ainsi s’affranchir des contraintes inhérentes au travail collectif de son groupe (Versus X en l’occurrence) pour se lancer dans son projet solo. On connaît la rengaine et les résultats ne s’avèrent pas forcément toujours concluants. Si l’on peut aisément admettre les envies d’escapades extraconjugales des différents leaders de formations établies, force reste d’avouer que dans la micro-société que constitue le rock progressif, de telles libertés semblent légion au point de perdre en route l’amateur qui ne sait ainsi plus à quel disque se vouer tant l’offre devient pléthorique.

La quantité tue la qualité. Cette antienne vieille comme le monde apparaît comme malheureusement trop prégnante en ce qui concerne cette quatrième production d’Arne Schäfer en autocontrôle total. Certes, le meneur germain s’est octroyé les services des différents batteurs qui ont œuvré au sein de Versus-X. Le résultat, s’il ne saurait être qualifié de médiocre, ne peut prétendre à rien d’extraordinaire. Si nos services éditoriaux décidait de publier moins de chroniques, nul doute qu’il ne resterait plus guère de places pour des albums comme Mystery Remains.

Cinq longues suites à l’architecture classique, une voix passe-partout et sans relief (parfois proche de celle de Ian Anderson de Jethro Tull), une production fort correcte mais sans génie. L’amateur éclairé pourra éventuellement encore jouer au célèbre jeu des influences. Qui entendra ici des passages plus torturés criera : « Au King Crimson ! Au Van der Graaf Generator ! » ; qui entendra là des passages plus planants hurlera « Au Pink Floyd ! Au Marillion ! ». Progressia ne scandera certainement pas « Au génie ! », le mystère de proposer un contenu éligible reste entier, qu’on se le dise !