Continuum - Lifeless Ocean

17/08/2009

Par Marjorie Alias

Label: Musea Parallèle

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Lorsqu’un groupe présente son premier album, mieux vaut se garder de trop lire les alléchantes descriptions proposées via les biographies officielles et autres sites promotionnels. En évitant une lecture laborieuse, on préserve ainsi intact l’impact de ce premier contact, qu’il soit finalement bon ou mauvais. Si les promesses de Continuum se placent d’emblée parmi les plus alambiquées et énigmatiques suggérées ces derniers temps en matière de metal progressif, elles ont au moins le mérite de démontrer l’ambition du quintette français.

Menée par le batteur et compositeur Guillaume Morero, la formation est décidée à provoquer quelques vagues, voire une forte houle dans l’esprit d’un auditeur submergé d’influences progressives diverses. Qu’à cela ne tienne, Capitaine Morero s’est bien entouré pour donner vie à son projet et mise théoriquement sur une identité propre, qui a cependant du mal à s’imposer dans les faits.

Tout est pourtant confectionné avec soin dans sa globalité : de l’artwork au concept en passant par la brillante performance de chaque musicien, un travail patent a été effectué en amont. L’introduction de Lifeless Ocean constitue indéniablement un des meilleurs morceaux de l’album : rythmiques impeccables, variations de thèmes et d’intensités intéressantes, enthousiasme non dénué de gravité, « Universe of Spheric Perspective » est un point fort et… surtout instrumental. Car c’est là que le bat blesse. Le chant de Clément Marsé peine à susciter autant d’intérêt sur la durée. Au fur et à mesure de la plongée au cœur de cette production, quelques interventions donneront malheureusement l’impression d’être en deçà du niveau général.

En revanche, on saisit rapidement à la vue de sa technique et de ses divers aspects exploités dans les compositions que le vocaliste souffre de lignes vocales parfois bien fades qu’il serait difficile de relever. Certains passages s’avèrent franchement pénibles, quand d’autres attestent d’authentiques capacités à soulever une brise d’originalité.

De par son inégalité tangible, son allure sombre et profonde insufflée avec efficacité mais éclipsée par des pertes de vitesses dommageables, ce disque ne se révèle pas une figure de proue. Son sillage suggère néanmoins de suivre le navire et de partir à la découverte de nouvelles terres mieux exploitées.