Warmen - Japanese Hospitality

10/08/2009

Par Marjorie Alias

Label: Spinefarm Records

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S’il est à penser que metal et Finlande font bon ménage, et que soli de guitare se conçoivent difficilement sans ripostes en bonne et due forme d’un clavier bien senti, Warmen et son quatrième album risque fort d’éveiller l’intérêt avant même d’en écouter son contenu.

A l’origine, ce projet musical fut fondé par le claviériste de Children of Bodom, Janne Viljami et son frère Antti Wirman à la guitare. Les ambitions de Warmen se sont rapidement étoffées pour devenir un groupe à part entière, initialement instrumental mais faisant appel depuis ses débuts à moult vocalistes issus de leur prolifique scène locale. Avec Chinese Democr… hum, Japanese Hospitality, ce ne sont pas moins de quatre invités de choix qui conférent à chaque morceau une identité plus affirmée. Timo Kotipelto (Stratovarius), Jonna Kosonen (ex-Nylon Beat), Pasi Rantanen (ex-Thunderstone) et Alexis Laiho (Children of Bodom) se partagent ainsi les huit titres sur dix et parviennent à renforcer l’effet de véritable patchwork métallique.

S’il est question de variété (parfois au sens musical), les titres baignent en revanche largement dans l’univers power et heavy cher à ses fondateurs. Quelques surprises et détours viennent cependant provoquer au mieux un regain d’intérêt chez l’auditeur, au pire un sentiment d’insatisfaction ; un peu comme un buffet à volonté très varié et à la présentation soignée mais au cruel manque de saveurs. Pour en finir avec les comparaisons hasardeuses, il sera difficile d’en apprécier la contenance de l’apéritif au dessert, car si certains morceaux se détachent positivement du lot, d’autres peinent à maintenir l’enthousiasme sur la durée. Ainsi, des titres comme « Goodbye » (interprêté par Jonna Kosonen, chanteuse de pop finlandaise à la voix rock et maîtrisée), « My Fallen Angel » et son refrain addictif, ou encore « High Heels on Cobble Stone » et son groove puissant (sur lequel Alexis Laiho joue de son agressivité bienvenue) constituent les points forts de ce disque aux excès de clichés hélas démonstratifs et autres mélodies et refrains mièvres.

Deux reprises surprennent néanmoins et ne laissent pas indifférents. Warmen pioche dans le début et la fin des années quatre-vingt en revisitant « Black Cat » de Janet Jackson et « Separate Ways » du groupe Journey. Une surprise qui souligne à juste titre la teneur de cette nouvelle production : éclectique et efficace, mais flirtant de trop près avec le déja-vu et la facilité.