Positive Catastrophe - Garabatos Volume One

05/08/2009

Par Christophe Manhès

Label: Cuneiform Records / Orkhestra

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Si un tel nom de groupe pourrait aussi bien évoquer un groupe de death metal que de prog’ symphonique à tendance dépressive, c’est bien un big band qui s’affaire à pratiquer un étrange métissage entre musique latine et free-jazz new-yorkais ; autant dire entre le feu et la glace. Par peur de manquer d’originalité s’ajoute à cette affiche insolite la voix d’une musicienne d’origine asiatique, jouant de l’erhu (un instrument traditionnel chinois) et qui chante en anglais, en espagnol et en mandarin ! De cette constitution contre-nature — « catastrophique » —, la formation a donc tenté de publier une œuvre « positive », entendre un album riche de ses influences.

Or, ce drôle de collectif ne tient pas ses promesses agitatrices. Là où la modernité et la fraîcheur étaient attendues, il est davantage question de beaucoup de banalité. Positive Catastrophe ne réussit pas son pari d’acclimater la chaleur moite de la salsa avec les traits vifs et froids du free-jazz, et c’est un euphémisme. Ils donnent même l’impression de s’ignorer l’un l’autre. L’impact de la culture asiatique de Jen Shyu reste également bien trop timide pour parvenir à typer une musique qui pourtant semblait ne demandait que ça. Malgré quelques bons titres (« Plena Organization » et « Metro Mono »), l’ennui prône sa prééminence à l’écoute sans rejet mais sans adhésion non plus de ce disque déboussolé. Trop gris et hétérogène, Garabatos Volume One déçoit quelque peu. Dommage, le terreau était prometteur.