Coalesce - Ox

10/07/2009

Par Aleksandr Lézy

Label: Relapse Records

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Coalesce est le groupe qui aura tout fait à l’envers : changer de nom avant de sortir quoi que ce soit puisqu’une autre formation en porte déjà la paternité en Suède. Splitter et se reformer avant de s’être fait connaître, pour à nouveau se séparer après un audacieux mais mauvais album de reprises de Led Zeppelin. A l’envers également car la qualité de leurs publications frôle le dégressif. Il faut d’abord remonter en 1999 pour comprendre le « phénomène » Coalesce, à l’époque où l’écurie Relapse Records publiait à foison des clones de The Dillinger Escape Plan et que la mouvance hardcore prenait du poil de la bête.

Avec 0:12 Revolution in Just Listening, ce n’était certes pas une révolution à proprement parler, mais la mise en forme d’une personnalité dans un genre à la mode. Les élans techniques alliés à une rage énergique faisaient oublier les manques. Accouché dans la douleur, enregistré en plusieurs étapes, le disque souffrait également d’un son épouvantable pour une production de la trempe de leur label. L’histoire se répète dix ans après. Les compositions de Ox manquent d’intérêt malgré quelques bonnes idées. La hargne metal, le punch du hardcore et la production punk collent à l’identité Coalesce mais l’écoute des morceaux se révèle ennuyeuse et aurait davantage eu sa place au siècle dernier.

Pour sa défense, quelques bons passages ici et là et, par courtes périodes, de riches idées sortent le bout de leur nez mais paraissent cependant mal amenées. Le chant clair à la Black Sabbath sur « The Comedian in Question » ne semble pas être exploité à sa juste valeur, tout comme les passages cow-boy sur « Wild Ox Moan » et « The Purveyor of Novelty and Nonsense » et autres… Le disque, composé de quatorze titres, devrait fournir une conséquente dose de propositions. C’est pourtant long et répétitif, sans parler du chant linéaire et horripilant de Sean Ingram.

Ox aurait pu prétendre à bien meilleur ouvrage. Le groupe possède un potentiel indéniable mais manque cruellement de mise en valeur. C’est bien regrettable car un disque rempli de titres tels que « By What We Refuse » aurait immédiatement redressé la barre. Il faudra donc aller puiser très loin dans leurs idées pour que Coalesce réussisse à nouveau à surprendre ou bien juste enfanter d’un disque explosif. Seul un goût de Viandox subsiste…